Saint-Jeures (43) : Après “l’incendie islamophobe” de sa future gigantesque maison avec salle de prière, le lyonnais Yassine Fakroun se bat contre l’annulation de son permis de construire

Il n’a pas l’intention de céder. Yassine, ce Lyonnais qui est en train de faire construire sa maison à Saint-Jeures en Haute-Loire dépose un recours contre l’annulation du permis de construire. Le maire de la commune avait pris cette décision face à l’opposition de certains habitants.

Yassine Fakroun est bien décidé à mener le combat jusqu’au bout. Ce Lyonnais, qui veut faire construire sa future maison à Saint-Jeures en Haute-Loire, vient de déposer un recours contre l’annulation de son permis de construire. Le maire de la commune avait pris cette décision après l’incendie du chantier et l’opposition de certains habitants, inquiets de ce projet immobilier de plus de 1.000 mètres carrés, avec onze chambres mais aussi une salle de prière.

“Je ne vais pas repartir avec 150.000 euros de moins dans la poche”

“Si on ne veut pas de moi, je ne passerai pas en force, mais il faut bien que quelqu’un paye“, explique Yassine Fakroun, qui précise que des travaux ont déjà été engagés, que le terrain a été acheté et qu’il a payé l’architecte. “Je ne vais pas repartir avec 150.000 euros de moins dans la poche. Si le maire considère que notre réponse est recevable, le permis sera de nouveau autorisé. Mais si le retrait du permis est maintenu, on ira se battre devant le tribunal administratif.

Yassine Fakroun ne compte pas changer les plans de sa maison, puisqu’il est selon lui en conformité avec le plan d’urbanisme local. Concernant l’incendie du chantier, l’enquête des gendarmes est toujours en cours.

Le propriétaire du terrain, un Lyonnais de confession musulmane qui rêvait de s’installer en campagne, a dénoncé un acte « raciste ». Il avait l’intention d’ériger sur le terrain qu’il a acquis une maison individuelle pour s’y installer avec sa famille. Mais, selon Le Progrès, une pétition aurait circulé à Saint-Jeures pour dénoncer le permis de construire de « cette habitation hors du commun sur une surface de 1 100 mètres carrés avec 10 chambres, 11 salles de bain, mais aussi une salle de prière de 20 mètres carrés et un dôme », alimentant alors les rumeurs d’installation d’une mosquée ou d’une école coranique et suscitant le rejet parmi certains habitants de la commune.

« Mes enfants vont dans une école privée catholique. Je ne fréquente pas les mosquées ! J’ai simplement fait une salle de prière pour mes parents… Et si c’est écrit dans le permis, c’est parce que je n’ai rien à cacher ! », s’est insurgé le Lyonnais auprès de L’Eveil de la Haute-Loire.« Si j’avais un projet d’école coranique, si j’étais dans cette mouvance, vous pensez sérieusement que je viendrais m’installer à Saint-Jeures ? Et pour le dôme, c’est un architecte chrétien qui l’a imaginé, en fonction des contraintes techniques et de la hauteur imposées. »

André Dubœuf, le maire de ce village d’un millier d’habitants, s’est aussi dit « surpris » par ce projet lorsqu’il lui a été présenté mais a confirmé qu’il s’agit bien d’un permis de construire, délivré en octobre dernier, pour une maison d’habitation et non pour une mosquée et que tout a été fait dans les règles. Si « ce monsieur s’appellerait Dubœuf, il n’y aurait pas de problème », a-t-il déclaré.

France Bleu