Saint-Pabu (29) : Un Breton rénove un gigantesque bunker allemand et le met en location sur Airbnb 

Passer une nuit à 12 mètres sous le sol, dans un bunker construit par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est l’expérience insolite que propose sur Airbnb un particulier de Saint-Pabu (Finistère), après avoir rénové cette construction de béton laissée 70 ans dans l’oubli. Des fêtes y sont même organisées.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Pabu(29830) fut un important camp nazi du Mur de l’Atlantique. Près de 70 blockhaus y ont été recensés en 2016, insoupçonnables au premier abord. Si certains ont été construits près des plages et sont accessibles au public, la plupart se trouvent sur des propriétés privées, laissés en l’état ou utilisés comme des caves par les particulier.

« Là, on est au cœur du camp de Saint-Pabu. Dans cette pièce se trouvait un système de radiolocalisation des Allemands. Ils reflétaient à l’étage la position des escadrilles ennemies qu’ils avaient repérées. » À 12 mètres sous le sol, Serge Colliou, 52 ans, nous fait visiter le bien singulier dont il a fait l’acquisition en 2017 et qu’il propose aujourd’hui à la location.

Un gigantesque bunker de 400 mètres carrés, construit en 1944 par l’armée allemande dans ce bourg côtier du Nord Finistère en Bretagne et laissé depuis à l’abandon.

« Il a servi de poubelles pendant 70 ans. Alors, quand on l’a récupéré, c’était une déchetterie ! Il a fallu tout vider, ça nous a pris deux mois en faisant appel à huit personnes », raconte-t-il. Ce particulier, qui tient une activité de traiteur à Brest, a ensuite passé un an et demi à rénover le lieu. « Par passion », et en y mettant « toutes ses économies ».

Le bunker s’étend sur 400 mètres carrés et deux étages.

Dortoirs, bars et fumoir

Durant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Pabu fut un important camp nazi du Mur de l’Atlantique. Près de 70 blockhaus y ont été recensés en 2016, insoupçonnables au premier abord. Si certains ont été construits près des plages et sont accessibles au public, la plupart se trouvent sur des propriétés privées, laissés en l’état ou utilisés comme des caves par les particuliers.

Lorsque Serge Colliou a acheté sa maison, au début des années 2000, un autre bunker, plus petit, se trouvait sur le terrain. En regardant comment le rénover sur Internet, il y a découvert la communauté des « bunkerophiles »

J’ai grandi à Saint-Pabu alors, ici, on joue dans les blockhaus quand on est enfants. Ils m’ont toujours fasciné, mais je n’y connaissais pas grand-chose », raconte-t-il. Depuis, il n’a cessé de se documenter sur ces constructions et a sorti un livre en 2017, Les Bunkers de Saint-Pabu.

Début 2020, il décide de mettre en location le second bunker dont il a fait l’acquisition, un modèle L479 qui fut un poste de commandement de chasse et qu’il avait au départ acheté pour son usage personnel. Les 22 pièces ont été reconverties en dortoirs, salons, cuisine, bar et même fumoir. S’il « n’a pas voulu en faire un musée », Serge Colliou s’est efforcé de recréer une décoration fidèle à l’histoire du lieu, le fruit de récupération et d’huile de coude.

Serge Colliou a aménagé le bunker à partir de meubles et matériaux de récupération, comme ce bar.

1.500 € la nuit à 20 personnes

Sur Airbnb, il est donc possible de réserver un « authentique bunker allemand ». Deux formules sont proposées : soit louer seulement le premier étage pour six personnes, moyennant 320 euros par nuit, soit choisir le bunker dans son intégralité pour une vingtaine de personnes, pour 1.500 euros par nuit.

Avec cette deuxième option, il est même possible d’y organiser des fêtes, à condition qu’un agent de sécurité soit présent. Des enterrements de vie de jeune fille ou de garçon y sont régulièrement organisés.

Le lieu étant complètement insonorisé, des fêtes peuvent y être organisées en présence d’un agent de sécurité

Une expérience originale qui a tout de suite fait des adeptes. Cet été, le calendrier des réservations est rempli la majorité des week-ends, indique Serge Colliou.

Les gens aiment l’insolite. Pendant une période, c’était les nuits dans une cabane dans les arbres qui était à la mode, alors pourquoi pas un blockhaus ? Ça fait un souvenir ! »

Ouest-France