Saint-Urbain (29) : La famille de Dinislam Gamzatov, originaire du Daghestan et hébergée dans l’ancien presbytère, obtient sa régularisation sur le sol français

La situation de la famille Gamzatov, originaire du Daghestan en Russie et en France depuis bientôt dix ans vient d’être régularisée. Hébergés dans l’ancien presbytère de Saint-Urbain depuis le 7 juillet 2016, les parents, Dina et Dinislam et leurs trois enfants, ont obtenu une carte de séjour « vie privée et familiale ».

À Saint-Urbain, les sourires annoncent la bonne nouvelle. Le combat de plusieurs années engagé par la famille Gamzatov vient de payer. Les nouveaux droits obtenus leur donnent la possibilité de travailler et à l’accès aux droits sociaux, comme celui de disposer d’un logement à leur nom. « Toutefois, cette carte de séjour n’est que temporaire. Le couple devra faire une demande de renouvellement avant le 4 janvier 2022. Dès leur arrivée, leur intégration s’est très bien passée. Pourtant le 29 janvier 2019, Dina et Dinislam Gamzatov reçoivent une Obligation de quitter le territoire Français (OQTF) » avec leurs trois enfants Magomed, Ibragim et Nabi, rappelle l’association Accueil solidarité Saint-Urbain (Assu), créée pour les soutenir.

Dénonçant cette procédure, l’association parvient à mobiliser, le 24 mars 2019, près de 350 personnes devant la mairie de Saint-Urbain. Une pétition obtenant plus de 6.000 signataires demande au préfet du Finistère d’annuler sa décision. Appuyés par une avocate, Dina et Dinislam décident de saisir le tribunal administratif de Rennes.

« Ils parlent le français, pas le russe »

Les parents suivent des cours d’apprentissage du français. « Ils donnent des coups de main aux associations locales dès qu’ils le peuvent. Les enfants vont au collège et à l’école. Ils parlent très bien le français et pas du tout le russe. Ce qui compliquerait sérieusement leur scolarité s’ils venaient à être reconduits dans leur pays d’origine », signale une accompagnatrice, membre de l’association Accueil solidarité Saint-Urbain (ASSU), à l’origine du rassemblement. Le père de famille encourrait également de grands risques à retourner dans une « République » caucasienne qu’il dit avoir fuie sous la menace de groupes islamistes. De plus, son état de santé exige des soins que le Daghestan ne peut lui apporter.

L’Assu constitue un dossier rempli de témoignages prouvant que la famille est bien intégrée. Les habitants, élus, parents d’élèves, directeur d’école et enseignants témoignent en leur faveur. En septembre de la même année, le tribunal administratif rejette la requête. Le couple ne baisse pas les bras et interjette appel auprès de la Cour administrative de Nantes. Un nouveau dossier est présenté. Résultat, le 6 novembre 2020 le jugement est cette fois favorable, ouvrant une vie plus apaisée, plus autonome pour la fratrie. Les parents peuvent, enfin, travailler et les enfants poursuivre leur scolarité.

Appel aux propriétaires

« La convention pour le logement au presbytère ne pouvant pas être reconduite indéfiniment, une demande de logement social est instruite. À l’heure actuelle, il n’y en a pas de vacant sur Saint-Urbain. On se tourne donc va le secteur privé, lançant un appel aux propriétaires qui disposeraient d’une maison disponible sur la commune. Le couple bénéficie de revenus », indique l’association, désormais également engagée pour accompagner cinq jeunes africains exilés dans leurs démarches administratives, leur formation et leur hébergement sous la forme d’une boucle d’accueil.

Contact

Accueil solidarité Saint-Urbain : tel. 06 45 54 20 59

Le Télégramme