Saisies de drogue par Interpol aux Universités d’été de Reconquête : L’avocate Emmanuelle Gave a tout inventé !

Depuis dimanche 11 septembre, l’avocate Emmanuelle Gave, fille du millionnaire Charles Gave, ex-financier d’Eric Zemmour et figure des milieux d’extrême droite, répète sur les réseaux sociaux que 64 grammes de cocaïne et de MDMA ont été saisis par les autorités lors de l’université d’été de Reconquête, le parti d’Eric Zemmour, qui avaient lieu ce week-end à Vinon-sur-Verdon, dans le Var.

Sur Twitter, elle raconte qu’«une action conjointe entre la DPJ du Var et Interpol [aurait été] menée sur le site des universités de Reconquête samedi vers 16h30». Au total, affirme-t-elle, «64 grammes de substances illicites, dont 34 de cocaïne et 34 de MDMA [sic] furent saisis sur 19 personnes, qui ne furent pas placées en garde en vue et seront convoquées en temps et en heure».

L’avocate Emmanuelle Gave, fille d’un ex-soutien financier d’Eric Zemmour, a affirmé que de la drogue avait été saisi à l’université d’été du part Reconquête. Des accusations démenties par le parti mais aussi par la justice.

64 Grammes de substance illicites dont 34 de Cocaïne et 34 De Mdma furent saisies sur 19 personnes qui ne furent pas placées en garde en vue et seront convoquées en temps et en heure. En tant que responsable, Mademoiselle Sarah Knafo fut donc entendue en audition libre.— Emmanuelle Gave (@GaveEmmanuelle) September 12, 2022

Contactée par CheckNews, Laurence Barriquand, la procureure adjoint du parquet de Draguigan infirme ce récit et indique qu’«il n’y a eu aucune saisie de stupéfiants lors des universités d’été à Vinon-sur-Verdon». Elle assure également qu’il n’y a eu aucune opération de gendarmes pour ce motif, ni du côté du Var, ni de celui du département voisin de Alpes-de-Haute-Provence.

En revanche, une brigade de gendarmes est bien passée vendredi sur les lieux de l’université d’été peu avant son ouverture, une «visite de routine», affirme Stanislas Rigault, membre également du bureau exécutif de Reconquête, et président de Génération Z, la branche jeune du parti d’extrême droite.

Elle a aussi affirmé que Sarah Knafo, bras droit d’Éric Zemmour, avait été auditionnée par la police et aurait reconnu que Garen Shnorhokian était bien mêlé à un trafic de stupéfiants. “Tout est faux” selon l’ex-directrice du candidat à la présidentielle. Selon plusieurs témoignages, elle n’a jamais été entendue par les policiers et a assuré à Libération que son parti et elle-même porteraient plainte contre l’avocate.

“Cela fait un an qu’elle me harcèle”

Contacté par le service Checknews de Libération, Garen Shnorhokian a démenti lui aussi. Il n’était même pas présent à l’Université d’été et a affirmé ne s’être jamais drogué, n’avoir même “jamais tiré sur un pétard”. Il ajoute que “cela fait un an qu’elle me harcèle, et à travers moi Reconquête. D’habitude, je laisse pisser, parce que j’ai un vrai respect pour son père. Mais là, ses accusations sont beaucoup trop graves”. Il portera plainte en diffamation.

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