Sangatte (59) : En filmant les migrants avec son drone, le jeune Pierre Weinling veut « se démarquer » au concours Filme ton quartier

« Avoir 20 ans », tel est le thème de la vidéo de trois minutes que le Sangattois Pierre Weinling a réalisée pour le concours de France télévisions. Il y dresse un parallèle entre sa vie de jeune homme et celle d’un jeune migrant, qui ne vivent pas la plage de la même façon. Rencontre.

« Je m’appelle Pierre Weinling, j’habite Sangatte j’ai eu mon bac ES (économique et social), l’an dernier au lycée Sophie-Berthelot. Cette année, je ne fais pas d’études car j’ai décidé de me concentrer sur la création de ma micro-entreprise et la vidéo en général. C’est une passion que j’aimerais bien développer. »

Vous avez d’ailleurs créé 2 Caps Drone. Depuis combien de temps pratiquez-vous le drone ? Comment cela a-t-il commencé ?

« 2 Caps Drone, c’est ma première entreprise que j’ai créée à 16 ans. J’ai une chaîne Youtube et un compte Instagram. Je fais du drone depuis l’âge de 13-14 ans. Ça a commencé avec un jouet et j’ai tout de suite eu des drones un peu plus grands, un peu plus professionnels. Je suis en train de passer mon brevet de télépilote de drone et je suis en transition avant de créer une nouvelle entreprise. »

Pierre Weiling avec ses deux outils de travail: son appareil reflex et son drone

Pourquoi avoir voulu participer au concours Filme ton quartier de France-Télévisions ?

« J’ai connu le concours par une amie de ma mère. Tout de suite, j’ai voulu participer car mon quartier (il habite près de l’église, NDLR) a quelque chose d’original avec la présence de migrants. »

Votre vidéo fait un parallèle entre la relation d’un jeune Sangattois à la plage et celle d’un jeune migrant à la plage. Le sort des migrants vous touche-t-il ?

« J’ai vraiment voulu créer ce contraste entre ces deux jeunes. Le sort des migrants me touche. On en voit tous les jours. Tous les jours, c’est la digue, la mer, les policiers, les hélicoptères… On se dit que leur vie est vraiment plus compliquée que la nôtre. Moi, la plage, j’y vais pour surfer, faire de la planche à voile, comme je dis dans le film. Le thème du concours est “Avoir 20 ans” en pleine pandémie mondiale. J’ai voulu me démarquer avec les migrants. »

Comment s’est passé le tournage ?

« J’ai tourné en une semaine avec un appareil reflex muni d’un stabilisateur vidéo. J’avais déjà beaucoup de plans en stock : j’ai une banque de plans personnelle avec le cap Blanc Nez, la Côte d’Opale… car j’avais déjà fait des films avant. Les migrants, ce sont de “vrais” migrants. Avec mon père, on a réussi à trouver deux Soudanais qui ont bien voulu être filmés : on se parlait avec nos portables grâce au traducteur de Google. Pour les policiers, c’est pareil, ils patrouillaient, en train de fouiller dans les dunes. Je leur ai demandé gentiment et ils ont accepté. »

Qu’attendez-vous d’une éventuelle sélection le mois prochain ?

« Je n’attends pas forcément de gagner, juste une diffusion quelque part, avoir un peu de visibilité, commencer à développer mon réseau sur la côte. Les gens ne peuvent pas voter mais s’ils partagent ma vidéo sur YouTube ou sur Instagram, ça me donnera de la visibilité. J’ai déjà 800 vues sur YouTube et 3500 vues sur Instagram. Mon projet à terme, c’est de tourner des films promotionnels, des teasers, filmer des événements tels que des événements sportifs… Si je gagne un peu d’argent avec le concours, je ferai une formation pour créer des sites Internet. »

Le concours, ouvert à tous à partir de 16 ans, favorise l’accès au monde des médias télévisuels et numériques, célèbre la diversité de la France,  la  francophonie et met en lumière de nouveaux talents. La participation est ouverte jusqu’au 30 avril.

La Voix du Nord