Seine-Saint-Denis : 63 % des habitants déclarent avoir été victimes de discrimination, un chiffre en forte augmentation

Le département va renforcer les outils de sensibilisation déjà mis en œuvre, notamment en direction des collégiens.

L’observatoire des discriminations de Seine-Saint-Denis, créé il y a un an, a publié une nouvelle étude, commandée à Harris Interactive, sur la perception des discriminations dans le département. Près des deux tiers (63 %) des habitants déclarent en avoir été victimes au cours des cinq dernières années, contre 56 % en 2019 lors de la précédente étude. Les deux facteurs les plus forts restent la couleur de peau ou l’origine et le quartier d’habitation. “Nous avons creusé certains items pour, notamment, observer les différences en fonction du sexe des personnes. Les discriminations sont plus importantes pour les femmes”, observe Oriane Filhol, conseillère départementale déléguée à la lutte contre les discriminations.

Sensibiliser les plus jeunes

Le sentiment général de discrimination s’est donc accentué. “Les chiffres augmentent. On peut considérer cela comme inquiétant puisque de plus en plus de personnes se sentent discriminées. Mais ce résultat peut aussi être dû au fait qu’elles en ont davantage conscience et le disent, grâce à tous les dispositifs (caravane contre les discriminations, jeunes contre le racisme et l’antisémitisme…) que nous avons mis en place”, souligne la déléguée.

Les chiffres augmentent. On peut considérer cela comme inquiétant puisque de plus en plus de personnes se sentent discriminées. Mais ce résultat peut aussi être dû au fait qu’elles en ont davantage conscience et le disent, grâce à tous les dispositifs (caravane contre les discriminations, jeunes contre le racisme et l’antisémitisme…) que nous avons mis en place”

Et la Seine-Saint-Denis compte renforcer ces outils. La caravane contre les discriminations s’est déplacée dans 17 villes durant la période estivale 2022. Les services du département, accompagnés de délégués de la Défenseur des droits, avaient pour objectif d’aller à la rencontre des habitants, de les sensibiliser et d’expliquer les recours juridiques possibles. “Nous allons poursuivre et amplifier cette démarche en 2023. La caravane se rendra également dans les collèges, ce que nous avons fait pour un seul collège pour l’instant, détaille la déléguée. La lutte contre les discriminations, qui se fait sur le long terme, passe aussi par la sensibilisation auprès des plus jeunes.”

En parallèle, les séances de sensibilisation au collège mises en place l’an dernier, dans le cadre du dispositif Jeunes contre le racisme et l’antisémitisme, vont être poursuivies. “Nous avons travaillé avec trois collèges sur l’année 2021-2022. Ce sera le cas avec 11 collèges, soit 12 classes, sur 2022-2023, complète Oriane Filhol. Nous partons du vécu des élèves et leurs expériences, ce qui se traduit par un travail artistique qui a vocation à servir ensuite d’outil de sensibilisation. L’an dernier, par exemple, des affiches qui ont été réalisées avec l’association Remem’beur ont été utilisées dans le cadre de la caravane contre les discriminations.”

Autres projets : une campagne de testing avec SOS Racisme, et un travail sur la prévention du racisme dès le plus jeune âge, en outillant les professionnels de la petite enfance avec une malle aux livres qui représente toutes les formes de famille existantes.

Le Nouvel Economiste