Serbie : Les autorités autorisent finalement l’Europride gay à défiler dans Belgrade (Màj : Des centaines de hooligans attaquent la police qui protège les LGBTQI+)

La police anti-émeute s’est heurtée à des hooligans dans le centre-ville de Belgrade, où une marche des fiertés a débuté malgré les menaces des groupes anti-gays et une interdiction officielle antérieure.

La police anti-émeute s’est heurtée samedi à des hooligans dans le centre-ville de Belgrade, où une marche internationale des fiertés a débuté malgré les menaces de groupes anti-gay et une interdiction officielle antérieure.

La police serbe surveille la zone avant le début de la Marche des fiertés européenne LGBTQ à Belgrade, Serbie, samedi 17 septembre 2022. La police serbe avait interdit le défilé de samedi, invoquant un risque d’affrontements avec des militants d’extrême droite.

La tension était élevée dans la capitale serbe lorsque les supporters ultranationalistes ont lancé des grenades incapacitantes, des pierres et des fusées éclairantes sur un cordon de police, qui a repoussé l’attaque à l’aide de matraques et de boucliers antiémeutes. Des centaines de supporters de la Marche des fiertés se sont rassemblés à quelques kilomètres de là sous une pluie battante, dansant et chantant alors que leur marche se déroulait sur un itinéraire raccourci.

“Nous avons besoin de justice et de liberté”, a déclaré Goran Miletic, l’un des organisateurs de la Marche des fiertés.

La police serbe a interdit cette semaine le défilé, invoquant le risque d’affrontements avec les militants d’extrême droite. Mais les organisateurs ont déclaré samedi avoir reçu des garanties de la part du Premier ministre serbe, Ana Brnabic, qui est lesbienne, que l’événement pouvait avoir lieu.

“Après des semaines de pression internationale intense, le Premier ministre serbe Ana Brnabic a annoncé que la marche EuroPride, prévue aujourd’hui à 17 heures HEC (11 heures HDE), pouvait avoir lieu”, a déclaré l’Association européenne des organisateurs de fiertés.

“La première ministre a déclaré qu’elle pouvait garantir que les rues de Belgrade seraient sûres cet après-midi”, ajoute le communiqué.

Mme Brnabic s’est dite fière que “durant toute cette semaine, avec plus de 130 événements (LGBTQ), il n’y ait pas eu un seul incident. Et c’est vraiment la bonne image de Belgrade et de la Serbie”.

Plusieurs incidents ont été signalés plus tôt dans la journée de samedi, des militants anti-gays lançant des bouteilles sur la police et tentant de franchir les cordons policiers. La police a déclaré que 31 personnes avaient été arrêtées.

Il y a trois ans, l’Association des organisateurs de la fierté européenne a choisi la capitale serbe pour accueillir l’événement annuel, espérant qu’il représenterait une avancée majeure pour un pays slave traditionnellement conservateur et fortement influencé par l’Église orthodoxe.

Le ministre de l’intérieur, Aleksandar Vulin, a prévenu samedi que son agence “ne tolérera aucune violence dans les rues de Belgrade et qu’elle appliquera strictement la loi”.

L’UE et d’autres responsables occidentaux, ainsi que des groupes de défense des droits, avaient exhorté le président populiste serbe Aleksandar Vucic à autoriser la tenue de la marche des fiertés. Mais M. Vucic avait déclaré que la police ne pouvait pas faire face à d’éventuelles émeutes de groupes d’extrême droite dans le contexte de la crise énergétique.

Ces groupes d’extrême droite, dont certains sont considérés comme proches du gouvernement nationaliste de Vucic, ont également été interdits de rassemblement samedi, mais ils ont déclaré qu’ils ne tiendraient pas compte de la décision.

Plusieurs recours juridiques formés par les organisateurs de la marche contre l’interdiction ont été rejetés par les autorités serbes.

ABC News

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Au terme de plusieurs rebondissements, la Marche paneuropéenne des fiertés, interdite par les autorités de Serbie, pourra finalement avoir lieu ce samedi 17 septembre à Belgrade, grâce à la mobilisation LGBTQI+.

Énième rebondissement concernant l’Europride 2022 qui doit se tenir ce samedi 17 septembre à Belgrade. Devant le tollé suscité par l’interdiction de la Marche des fiertés européenne, les autorités serbes ont finalement reculé et accepté que la manifestation puisse se tenir, information reprise par les organisateurs de la marche qui avaient fait appel de l’interdiction. Le parcours de la Pride sera néanmoins “considérablement raccourci”.

Linterdiction de manifester avait provoqué un tollé à travers l’Europe : 145 eurodéputés ont notamment publié un texte fustigeant la décision et la présidente du Parlement européen s’en est fait l’écho dans une lettre adressée à la Première ministre serbe – elle même ouvertement lesbienne –, Ana Brnabić. 

“Nous avons toujours besoin de Fierté. Trop de personnes vivent dans la peur, trop de discriminations perdurent. (…) J’aimerais dire que tous nos citoyens, jeunes ou plus âgés, peuvent vivre comme ils le souhaitent en Europe : vous pouvez vivre la vie que vous souhaitez vivre, vous pouvez aimer qui vous souhaitez aimer, et être qui vous souhaitez être. Ce Parlement existe pour protéger ces droits”, a ainsi déclaré la Maltaise Roberta Metsola alors que la Serbie est candidate à l’intégration dans l’Union européenne. 

Une pétition, portée par All Out, de la Belgrade Pride et European Pride Organisers Association (EPOA), a par ailleurs recueilli en quelques jours 27 000 signatures. En France, la secrétaire d’État aux Affaires européennes, Laurence Boone, a soutenu le mouvement fin août, déclarant : “La lutte contre toutes les discriminations, et notamment contre les personnes LGBT+, est au fondement du projet européen. Nous ne tolèrerons aucune entorse à ce principe cardinal de l’État de droit qui est le nôtre !”

Le gouvernement serbe avait justifié cette interdiction par des “risques de violence”, alors que des groupes nationalistes et orthodoxes multiplient depuis plusieurs semaines des contre-manifestations et avaient prévu de défiler en même temps que l’Europride. Dans ces manifestations, on a pu voir de nombreux portraits du dictateur Vladimir Poutine ainsi que des drapeaux russes… En 2010, de violents affrontements avaient fait plus de 150 blessés autour de la Pride de Belgrade.

Danas