Série Netflix : Stateless, ou comment “Accueillir toute la Misère du Monde” en Australie

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Inspirée d’une terrible histoire vraie, Stateless est une mini-série australienne qui s’attaque à la politique d’immigration du pays à travers les parcours de quatre personnages. Ce drame cocréé par Cate Blanchett mérite-t-il le coup d’œil ?

Stateless (« Apatride ») est en quelque sorte une série « chorale » puisqu’elle voit converger et se mêler, dans le cadre de Barton, un centre australien de rétention de migrants, quatre destinées individuelles : une jeune hôtesse de l’air psychotique (Yvonne Strahovski) qui se fait passer pour une Allemande, victime de deux gourous sectaires (Cate Blanchett et Dominic West) ; un migrant afghan (Fayssal Bazzi), qui a perdu une partie de sa famille dans le trajet par mer ; un jeune gardien (Jai Courtney) récemment embauché par le camp ; une bureaucrate (Asher Keddie), dépêchée pour rétablir le calme à Barton, compromis par un scandale.

Voulue par Cate Blanchett, qui l’a cocréée avec Tony Ayres et Elise McCredie, comme une charge politique contre les pratiques australiennes en matière d’accueil et de traitement des migrants, la minisérie Stateless s’inspire de faits réels, ce que rappellent un bandeau au début de chaque épisode et un commentaire en postface au dernier épisode.Lire aussi  « Mystery Road » : l’outback australien, merveilleux décor de série

Ces faits se sont tenus à Baxter, un camp de sans-papiers situé près de Port Augusta, dans le sud de l’Australie, dont les dysfonctionnements avaient provoqué un scandale retentissant : dès 2003, des manifestations avaient attiré l’attention de la presse, mais créé en parallèle des divisions dans l’opinion publique ainsi qu’au sein des diverses associations de défense des migrants. Le camp devait finalement être fermé en 2007.

Universalisme humanitaire

Stateless s’inspire très directement de la situation de Baxter pour ses six épisodes de quelque 55 minutes. Ceux-ci sont très bien interprétés et rondement menés, avec ce qu’il faut de suspense dans les situations générales et les destinées personnelles. Pourtant, de nombreux éléments l’empêchent d’être vraiment convaincante. […]

La grande intelligence du script est de s’intéresser aux dégâts causés par la politique migratoire (ou son absence) des pays “riches” peu disposés à “accueillir toute la misère du monde” – comme disait quelqu’un qui aurait mieux fait de se taire ce jour-là – non seulement sur les demandeurs d’asile, mais également sur tous ceux chargés de l’appliquer : gardiens de camps dépassés et victimes parfois de leurs propres instincts “primaires”, bureaucrates noyés par la complexité d’une tâche dont l’inhumanité les ronge peu à peu. Tous victimes, tous impuissants, tous banalement et simplement… humains.

On met par contre un peu de temps à admettre la présence dans l’intrigue d’une jeune femme australienne, instable et déséquilibrée par son passage entre les griffes d’une secte : malgré le jeu convaincant d’une Yvonne Strahovski qu’on retrouve avec plaisir après son beau rôle dans A Handmaid’s Tale, on peut trouver un tantinet gênant que la série semble avoir besoin d’offrir au téléspectateur l’opportunité de s’identifier à un personnage lui ressemblant plus qu’une immigrée afghane.

Heureusement, la conclusion, très réaliste et donc loin d’être “feel good”, mais refusant également le spectaculaire, justifie ce choix : la présence d’une Australienne dans un camp de réfugiés a eu, dans “la vraie vie”, un effet révélateur des abus et de l’incompétence d’un gouvernement et d’une administration australienne aussi raciste qu’incompétente.

Le Monde

1 Commentaire

  1. Ca commence par de l empathie vis à vis des pauvres migrants et ça finit par la soumission à l islam et au racket

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