Série TV : “Lovecraft Country”, Cthulhu au pays de la ségrégation raciale

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L’imaginaire issu d’H.P. Lovecraft est difficile, voire impossible, à adapter à l’écran. Ses romans sont pensés comme des songes, si ce n’est des cauchemars. C’est là que la série Lovecraft Country, sur HBO (et OCS en France), pourrait tirer son épingle du jeu et proposer l’œuvre télévisuelle lovecraftienne digne de ce nom.

Le principe: Lovecraft Country, c’est donc l’histoire d’un road trip entrepris dans les années 1950 par Atticus Freeman, ancien soldat, qui part à la recherche de son père, disparu. Il est accompagné de son amie Letitia et de son oncle George, noirs de peau comme lui. Comme le titre de la série l’indique, des monstres dignes des écrits de H.P. Lovecraft vont se dresser sur leur route.

Mais sont-ils vraiment plus terrifiants que les autres croisés par Atticus ? Ceux de l’Amérique ségrégationniste ? La métaphore est évidente, le comparaison édifiante, et la pertinence avec l’actualité de 2020 troublante… Sur son chemin, il fera face autant au racisme qu’à des monstres qui semblent prendre vie à travers les écrits de Lovecraft.

En clair, Lovecraft Country n’est pas une adaptation d’une œuvre de l’écrivain : c’est un univers où les monstres lovecraftiens deviennent réels.

Jordan Peele continue de dénoncer l’horreur en l’utilisant dans ses œuvres. Après ses films très réussis, Get Out et Us, il poursuit avec son thème de prédilection dans une série, Lovecraft Country, co-produite par J.J. Abrams (Lost, Star Wars), qui sortira en août 2020 sur HBO, avec une diffusion 24 heures après les USA sur OCS.

Au pays de Lovecraft

Basée sur un livre publié en 2016 et signé Matt Ruff, un auteur américain de science-fiction, la série Lovecraft Country va directement aborder la question du racisme aux États-Unis, et en dénoncer la violence et l’horreur en faisant intervenir une autre forme de monstruosité : celle de l’univers de H.P. Lovecraft. Cet auteur américain, considéré par beaucoup (y compris Stephen King) comme la principale source d’inspiration des récits d’horreur, a imaginé un univers rempli de monstres, de peurs, et d’hallucinations.

La santé mentale est au centre de son œuvre, dont la figure la plus connue est sans aucun doute le Mythe de Cthulhu, faisant référence à des Dieux venus d’autres dimensions. On lui doit également la création de certains artefacts horrifiques devenus cultes, comme le fameux Necronomicon, depuis devenu une référence de la pop culture (dans les films Evil Dead notamment).

Et pourtant, alors qu’Atticus part sur les traces de son père, à la recherche de ce Lovecraft Country (“pays de Lovecraft”, en VF), les pires monstres pourraient finalement être ceux avec un visage humain. Ou quand la réalité est parfois pire que la (science) fiction…

Actus SFR