Sexisme : 23% des hommes de 25-34 ans pensent qu’il faut parfois être violent pour être respecté

Comme l’indique un rapport du Haut Conseil à l’Égalité, ces chiffres s’expliquent par “la nouvelle génération” qui se sent “fragilisée” en tant qu’homme par le mouvement #MeToo, et qui trouve refuge “dans de nouveaux mouvements virilistes et très masculins.”

Des chiffres préoccupants. Le “Baromètre Sexisme 2023”, réalisé par l’institut Viavoice pour le Haut conseil à l’égalité (HCE) et publié ce lundi, pointe une situation “alarmante” de manière globale, mais en particulier en ce qui concerne les tranches les plus jeunes, dans laquelle semble-t-il se développe une pensée “masculiniste.” Celle-ci paraît s’ancrer au fil des années, indique Radio France, qui a eu l’exclusivité du rapport.

De manière globale, 93 % des sondés de tout âge constatent des inégalités de traitement entre hommes et femmes dans différents domaines, dont le monde du travail ou la politique.

Pensée masculiniste

Parmi les points importants de l’étude, le HCE pointe les résultats concernant la génération des 25-34 ans. Selon le rapport, 23 % d’entre eux estiment qu’il faut parfois être violent pour être respecté, un chiffre qui surpasse largement les 11 % de la population locale.

Toujours dans cette logique de “respect”, ils sont 20 % de cette même tranche à estimer qu’il faut “vanter ses exploits sexuels auprès de ses amis hommes” (contre 8 % de la population globale), 22 % a estimer qu’il faut “consommer de l’alcool ou des drogues” (contre 8 %) et 21 % à “savoir rouler vite” (contre 9 %).

“Cinq ans après #MeToo, une partie de la nouvelle génération des hommes se sent fragilisée, parfois en danger, réagit dans l’agressivité, et peut trouver une voix d’expression politique dans de nouveaux mouvements virilistes et très masculins”, indique le rapport, toujours repris par le média national, qui évoque un phénomène de “Backlash”, comprendre un retour de bâton.

“L’année 2022 paraît renouveler ce cycle conservateur face aux mouvements féministes récents”, apprend-on encore.

Parmi les illustrations de ce “backlash”, le rapport pointe les “‘raids masculinistes” qui se multiplient sur les réseaux sociaux “pour réduire les femmes au silence ou les discréditer.” Ainsi, selon l’ONU, 73 % des femmes dans le monde auraient déjà expérimenté ces raids qui comprennent “la haine misogyne en ligne, le cyberharcèlement et le cybersexisme (injures, menaces de violences et de mort, propositions indécentes.”

Politiquement, le baromètre pointe “un segment croissant d’internautes d’extrême droite” qui seraient à l’origine de ces attaques violentes qui en particulier touchent “femmes politiques, journalistes, influenceuses, streameuses, créatrices de contenus.” L’exemple d’Andrew Tate, influenceur d’extrême-droite repris de volée par Greta Thunberg sur Twitter, est d’ailleurs utilisé.

La difficile place des femmes

De l’autre côté du spectre, les jeunes femmes ont toujours du mal à trouver leur place dans la société. Parmi les interrogées de 15 à 24 ans, elles sont 55 % à estimer qu’il est “difficile” d’être une femme dans la société actuelle.

Pour ces travaux, Viavoice a interrogé 2 500 hommes et femmes issus d’un échantillon représentatif de la population quant à “leur perception du phénomène et sur les situations vécues par les femmes.”

BFM