Sexisme : Les animaux de compagnie pèsent beaucoup sur la charge mentale des femmes

C’est un élément inattendu qui, comme l’inégale répartition des tâches domestiques, pèse beaucoup sur la charge mentale des femmes : les animaux de compagnie. Une facette trop peu évoquée.

Les animaux de compagnie pèseraient-ils sur la charge mentale des femmes ? C’est en tout cas ce que révèle une récente étude Ifop pour Vetocanis, réalisée par le biais d’un questionnaire auto-administré en ligne du 24 au 25 mai 2022. Selon cette étude détaillée à retrouver sur la plateforme de Vetocanis, c’est le soin apporté aux animaux de compagnie au sein du couple qui serait vecteur d’inégalités : les femmes en font toujours plus que les hommes.

Loin d’être un sujet anodin, la place des animaux de compagnie dans les foyers met en exergue la persistance d’une inégalité de genre dans le couple. 81% des femmes interrogées estiment ainsi s’occuper des tâches majeures concernant nos amis à poils : achat de la nourriture, rendez-vous chez le vétérinaire, gestion de la garde de l’animal pour les vacances… contre 64% des hommes seulement.

“A l’image des autres tâches domestiques, la charge des animaux de compagnie active une logique patriarcale dans la plupart des foyers français. Source de tensions, cette situation est susceptible, comme le montre cette enquête, d’entrainer des disputes récurrentes, voire d’être la cause de ruptures”, développe l’étude.

Une cause de ruptures

Près d’un tiers des sondé·es (31%) déclarent se disputer “en raison du manque d’implication de l’un des conjoints” dans le soin apporté aux animaux de compagnie. Plus encore, 16% des personnes interrogées estiment carrément s’être séparées pour cette raison. Selon l’étude de l’Ifop toujours, 42% des 18-24 ans déclarent ainsi que leur couple” en a déjà fait les frais”. 46% des moins de 35 ans se disputent à propos de cette charge…

“Cette étude, la première à s’intéresser au partage des tâches liées aux animaux au sein du foyer, met en exergue la même tendance à une inégalité entre les sexes que celle que l’on retrouve dans la prise en charge des tâches ménagères en général”, avance François Kraus, directeur du pôle Genre/Sexualité à l’IFOP.

L’expert développe (et déplore) : “Même si le choix d’un animal de compagnie relève souvent d’une décision collective, c’est in fine la femme qui en assume le plus souvent la charge car c’est à elle que les stéréotypes de genre assignent la responsabilité de la bonne tenue de la maison. Le fait de prendre soin des animaux obéit à la logique du care, qui s’applique également aux enfants et aux personnes âgées”.

Pour François Kraus toujours, il s’agit là, plus que d’une charge, d’une “surcharge du travail domestique”. Il y a fort à parier que bien des sondées seraient en accord avec ces mots.

Terrafemina