“Si le Bélarus tombe, la prochaine sera la Russie”, estime Loukachenko

Temps de lecture : 2 minutes

Via AFP.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a estimé mardi que si son régime tombait, la Russie suivrait, après un mois d’une contestation de sa réélection sans précédent qu’il estime soutenue par l’Occident.

“Vous savez, ce qu’on a conclu avec l’establishment et les autorités russes ? Si le Bélarus tombe, la prochaine sera la Russie”, a-t-il assuré, cité par les agences russes après un entretien accordé à plusieurs médias russes. “Ne vous relâchez pas”, a-t-il ajouté, estimant par ailleurs que “si Loukachenko s’écroule, tout le système s’écroulera, suivi de tout le Bélarus”.

Après avoir accusé pendant la campagne électorale la Russie de chercher à l’écarter à cause de son refus de se soumettre aux ambitions de Moscou, M. Loukachenko a effectué un virage à 180 degrés, plaidant pour le soutien russe face à la mobilisation de foules jamais vues depuis son arrivée au pouvoir en 1994. Il s’est entretenu à plusieurs reprises avec Vladimir Poutine a ce sujet, et le président russe a promis d’envoyer des troupes si la contestation devait dégénérer en violences. Un sommet entre les deux hommes est prévu dans les jours ou semaines à venir.

La Russie, échaudée par les révolutions des années 2000 et 2010 (Géorgie, Ukraine, Kirghizstan) dans plusieurs pays d’ex-URSS, sa zone d’influence traditionnelle, voit d’un mauvais oeil toute forme de protestation contre la légitimité électorale de pouvoirs souvent autoritaires qui y sont établis.

Revenant sur l’arrestation à la frontière ukrainienne dans la nuit de lundi à mardi de la figure de l’opposition Maria Kolesnikova, M. Loukachenko a affirmé que celle-ci avait été jetée d’une voiture “en marche” par deux autres opposants alors qu’ils fuyaient vers l’Ukraine voisine. “Dans leur voiture, ils ont mis les gaz, et l’ont jeté de la voiture en marche. En marche”, a-t-il insisté, affirmant désormais négocier avec l’Ukraine la remise des deux autres opposants qui se trouvaient dans le véhicule.

Kiev a démenti dès le matin cette version des faits, expliquant que Mme Kolesnikova avait résisté à son expulsion forcée du Bélarus et que face à l’impossibilité de la chasser du pays, elle avait été arrêtée. Selon l’agence Interfax-Ukraine, elle a déchiré son passeport afin de ne pas pouvoir passer la frontière. Ses deux camarades, Anton Rodnenkov et Ivan Kravtsov, doivent pour leur part s’exprimer devant la presse mardi soir à Kiev. 

5 Commentaires

  1. Ce qui finit par être fatiguant, c’est de voir la gueule des opposants face à toute cette clique de fossiles soviétiques…
    Un vrai dilemne, on a vraiment pas envie de choisir, même si je sais bien toutes les misères que font tous les nomenklaturistes aux militants nationalistes…
    Et là ils ont vraiment mis le paquet: gauchos genre socdem (classique!), lesbiennes, demi nwar…quand même, y’a du niveau là.

    Et pour revenir au sujet, vu les tensions chroniques entre Loukaschenko et Poutine, je pense qu’il s’agit plutôt un avertissement que d’un simple commentaire.
    En somme, si les frères ennemis ne se soutiennent pas, il ne serait pas étonnant que l’un ou autre cherche à l’amener avec lui au fond du gouffre.

Les commentaires sont fermés.