Six pays de l’UE soutiennent le retour forcé des migrants afghans dans leur pays

Tandis que les combats s’intensifient en Afghanistan, des Etats demandent à la Commission européenne de faire pression sur Kaboul.

Six Etats membres de l’UE ont adressé une lettre à la Commission européenne demandant de ne pas suspendre les expulsions de migrants afghans. Les gouvernements belge, danois, allemand, grec, néerlandais et autrichien souhaitent que l’exécutif européen exhorte Kaboul à maintenir les retours “forcés” ou “volontaires” de ses ressortissants.

Les six pays demandent à la Commission “d’engager un dialogue intensifié avec les partenaires afghans sur toutes les questions migratoires urgentes, y compris une coopération rapide et efficace en matière de retour. L’arrêt des retours envoie un mauvais signal et est susceptible de motiver encore plus de citoyens afghans à quitter leur domicile pour l’UE”, affirment-ils aussi dans la lettre envoyée le 5 août.”

La Commission n’a pas encore répondu à la demande. A la question de savoir si l’Afghanistan était un endroit sûr pour renvoyer des personnes, voici la réponse du porte-parole à la commissaire aux Affaires intérieures : “Il appartient à chaque État membre d’évaluer individuellement si le retour est possible selon des circonstances spécifiques. Mais ce n’est pas quelque chose que l’UE réglemente spécifiquement“, a dit Adalbert Jahnz.

Depuis début mai, les talibans ne cessent de gagner du terrain à la faveur du retrait des troupes de l’Otan. Les capitales provinciales tombent les unes après les autres aux mains des insurgés et les civils fuient en masse les affrontements.

En juillet, le gouvernement de Kaboul a appelé les Européens à cesser d’expulser des migrants afghans durant trois mois. En 2020, les Afghans représentaient plus de 10% des demandes d’asile dans l’Union, soit le deuxième contingent derrière les Syriens.