Slovaquie : L’extrême-droite implose

Plusieurs collaborateurs de longue date de Marian Kotleba et cinq députés ont décidé de quitter la formation d’extrême-droite Notre Slovaquie (L’SNS).

Nouveau coup dur pour le leader néonazi Marian Kotleba après sa condamnation à
l’automne. Des compagnons de longue date et des parlementaires ont claqué la porte.
Cinq de ses quatorze députés ont décidé de quitter le parti qu’il a fondé et dirige, Notre
Slovaquie (L’SNS). Il s’agit de Milan Mazurek, Ondrej Ďurica, Miroslav Suja, Eduard
Kočiš et Miroslav Urban. L’eurodéputé Milan Uhrík, l’une des figures majeures du parti,
a fait de même.

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Point de désaccord sur la ligne idéologique, qualifiée tantôt de néonazie, tantôt de
néofasciste, par les politologues. Ces derniers reprochent au chef, Marian Kotleba,
connu pour sa nostalgie du clérical-fascisme porté par le prête Jozef Tiso durant la
seconde guerre mondiale, ses tendances autoritaires en interne. Marian Kotleba a en
effet modifié les statuts du parti au profit de sa mainmise personnelle dessus.

« Je dois respecter cette décision de changer ce qui était à l’origine un parti populaire
en un parti d’un seul homme, mais en tant que partisan du travail d’équipe, je ne peux
tout simplement pas m’y identifier
», a déclaré Uhrik. « Notre voyage commun s’achève,
car nos opinions sur le fonctionnement et la direction du parti dans le futur diffèrent trop
 », a ajouté le député.

Les « déserteurs » n’ont pas précisé quel serait leur avenir politique, mais la presse slovaque semble convaincue qu’ils s’apprêtent à former leur propre parti.

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Ils laissent Marian Kotleba bien seul, puisque le L’SNS ne sera plus représenté au
Conseil national slovaque que par 9 députés sur un total de 150 (il en faut 8 pour former
un groupe parlementaire). En récoltant près de 8% des voix aux élections législatives
en février 2020, L’SNS avait décroché 17 sièges à l’assemblée, avant qu’un premier
groupe de députés ne fasse scission, rappelle le site Denník N.

L’avenir apparait donc bien sombre pour celui que l’on nomme parfois « le Führer des
Carpates
 ». Kotleba a en effet été condamné au mois d’octobre 2020 à quatre années de
prison, jugé coupable d’avoir fait la promotion d’un « mouvement visant à supprimer
les droits et les libertés fondamentales
 ». Il a fait appel de ce jugement non-définitif
auprès de la Cour suprême.

Le Courrier d’Europe centrale