Soissons (02) : L’apprenti cuisinier burkinabais Bayane Nonni, “sérieux et motivé”, fait ses gammes dans les cuisines du restaurant La Cathédrale

Voilà quatre ans qu’il œuvre aux fourneaux du restaurant la Cathédrale. Malgré son statut d’apprenti, à 22 ans Bayane Nonni fait déjà figure de pilier dans les cuisines de l’établissement soissonnais. Une réussite exemplaire pour ce jeune homme. Natif du Burkina Faso, il a débarqué en France il y a moins de 5 ans. Il avait alors seulement 17 ans.« Je suis passé d’abord par l’Italie, où mon père est installé depuis plusieurs années et où il a obtenu la nationalité italienne. Moi aussi, j’ai pu obtenir la nationalité italienne. Mais les relations avec mon père étaient compliquées, alors je suis parti en France. »

Obligé d’interrompre son bac pro au bout d’un an

Une fois arrivé dans l’Hexagone, il est pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). À l’issue d’un test sur son niveau scolaire, on lui propose de s’orienter vers un bac pro restauration au lycée Le Corbusier, à Soissons. Il accepte la proposition et découvre un métier qui rapidement le passionne. Il suit aussi une formation pour apprendre le français, sa langue maternelle étant le bissa.

Mais il est obligé d’interrompre son bac pro au bout d’un an : « Quand je suis devenu majeur, je n’ai plus eu le droit aux aides sociales. Pour avoir de quoi vivre, il fallait que je continue ma formation en alternance. Mais à Soissons, ce n’était pas possible avant d’être en terminale bac pro. » Le jeune homme retombe tout de même sur ses pattes et entame un CAP cuisine, en alternance donc, au Centre de formation des apprentis de Laon. C’est là qu’il est engagé au restaurant La Cathédrale, où son sérieux et sa motivation sont rapidement appréciés.

Son CAP désormais en poche, Bayane a repris son bac pro au lycée Le Corbusier de Soissons, en bénéficiant cette fois-ci de l’alternance. « C’est difficile parce que je suis l’un des seuls alternants de la classe, explique le jeune cuisinier. Pendant que je suis en cuisine, les autres continuent d’avoir cours et je dois tout rattraper. Ma moyenne en souffre, mais je m’accroche. »

« J’ai envie de continuer à progresser »

Au restaurant en revanche, tout se passe pour le mieux. Au point qu’on lui confie petit à petit des responsabilités : « Comme je suis l’un des plus anciens, je maîtrise l’ensemble de la carte du restaurant. Du coup, je peux aider les autres apprentis, les encadrer. Et régulièrement, le chef me demande de faire des propositions pour le plat du jour. Et quand les retours de salle sont bons, c’est très gratifiant. »

Le jeune homme se sent désormais à l’aise avec les codes de la cuisine française, même s’il lui reste quelques lacunes, comme il l’admet lui-même. « Pour l’intitulé des plats, les recettes, ça va. Par contre pour l’origine géographique, j’ai un peu de difficultés. Je connais pas encore assez bien la France », sourit-il. Une fois son bac pro obtenu, Bayane espère rester à La Cathédrale, comme salarié. Avant de viser un peu plus haut : « Dans quelques années, j’aimerais pouvoir intégrer un restaurant gastronomique. J’ai envie de continuer à progresser et voir ce qu’est un plat très travaillé. »

Bio express

2000 : Naissance au Burkina Faso

2017 : Après être passé par l’Italie, il arrive seul en France et entame une formation de cuisinier.

2018  : Il entre comme apprenti au restaurant La Cathédrale.

2020 : il obtient son CAP Cuisine et poursuit par un Bac pro restauration.

L’Union