Son pare-brise est mal dégivré, sa naturalisation lui est refusée

Un ressortissant du Cap-Vert a vu sa demande de naturalisation suisse rejetée après avoir été arrêté au volant d’une voiture mal dégivrée.

A quoi tient une naturalisation ? A un pare-brise bien ou mal dégivré… Un Cap-verdien établi en Suisse romande depuis plus de 10 ans vient de l’apprendre à ses dépens, raconte La Tribune de Genève.

L’homme, marié à une Suissesse, a fait une demande de passeport en 2018. Mais l’année suivante, en plein mois de janvier, il est surpris par la police suisse au volant de sa voiture «avec le pare-brise et la vitre latérale avant-gauche partiellement dégivrés». Patatras… Il est rapidement condamné à une amende de 300 francs suisses (285 euros) et à un délai d’épreuve de 2 ans.

Une condamnation qui ne plaît guère au Secrétariat d’État aux migrations, une autorité fédérale suisse qui s’occupe des étrangers. Pour obtenir la naturalisation, il faut «jouir d’une réputation pénale irréprochable», lui répond-on. D’autant que l’homme ne parle pas parfaitement français.

Sa demande de passeport remise à plus tard

Sur son site officiel, le Secrétariat d’État aux migrations explique que la naturalisation nécessite notamment une “intégration réussie” en Suisse, “le respect de la sécurité et de l’ordre publics”, “le respect des valeurs de la Constitution”, “l’aptitude à communiquer au quotidien dans une langue nationale” et ne pas “menacer la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse”.

Son avocat, cité par La Tribune de Genève, argue qu’un pare-brise mal dégivré n’a rien à voir avec «une intégration insuffisante de sa part faisant obstacle à la naturalisation». Mais le Secrétariat d’État aux migrations, soutenu par le Tribunal administratif fédéral, ne veut rien savoir : l’homme ne pourra relancer sa demande de naturalisation qu’à l’issue de sa période d’épreuve (sursis), en février prochain.

Il peut toujours faire appel de cette décision, précise de son côté le quotidien La Liberté.

LE REPUBLICAIN LORRAIN