Sotteville-lès-Rouen (76) : Des lycéens concourent au prix Ilan Halimi avec une action contre le racisme et l’antisémitisme

«Dans mon ancien lycée, on se disait “sale arabe”, “sale noir” pour rigoler, ça ne choquait plus personne.» Hakim Amandar, originaire d’Arcueil (Val-de-Marne), a pris conscience que le racisme est l’affaire de tous. Arrivé cette année en terminale STMG au lycée des Bruyères à Sotteville-lès-Rouen, le jeune homme de 17 ans a mené, avec quatre jeunes femmes suivant un cursus prépa commerce au sein de l’établissement, une action de sensibilisation auprès des élèves de seconde.

Lutter contre cette banalisation des mots, au même titre qu’une expression telle que « manger en juif », est un premier pas. Libérer la parole un deuxième. Mardi matin, les élèves de seconde se sont succédés par petits groupes pour cette action valant participation au prix national Ilan Halimi*. Les moins timides s’expriment facilement au moment de définir collectivement les termes racisme, antisémitisme et xénophobie. Un élève raconte «cette voisine qui était raciste, qui nous disait: rentrez chez vous sales nègres». Dans la salle, les témoignages en ce sens ne sont pas rares. […]

Un racisme lancinant qui revient plus fort lors de cette crise. «La recherche de boucs émissaires existe de tout temps lors de catastrophes», resitue le professeur d’Histoire-géographie. «Si vous êtes victime, surtout, parlez-en à un professeur, à vos parents, aux associations», enjoint Mamadou Camara, de l’association Asti** de Petit-Quevilly, présent pour accompagner les élèves dans leur action.

*Le prix Ilan Halimi récompense un travail collectif mobilisant les jeunes de moins de 25 ans qui ont mené une action visant à lutter contre les préjugés et les stéréotypes racistes et antisémites.

** Association de solidarité avec les travailleurs immigrés

Paris-Normandie