Squat de migrants à Thiais (94): «Il vaut mieux un bâtiment en dur qu’une tente sur la tête»

Quelque 250 personnes, la plupart sans-papiers, occupent depuis une semaine un bâtiment appartenant à la Ville de Paris. La confiance avec le voisinage reste à tisser.

Les habitants de la résidence Baudemons prennent depuis une semaine possession des lieux (Cyril Zannettacci/Vu pour Libération)

Une rue calme avec de grandes et jolies bâtisses, à Thiais (Val-de-Marne), à vingt minutes de Paris, en tramway comme en bagnole. Un environnement tranquille, à peine perturbé par le bruit de fond émanant de l’A86 toute proche ou de gros travaux dans un pavillon. C’est ici que depuis une semaine, quelque 250 migrants, pour l’essentiel sans papiers, ont trouvé refuge dans un immeuble squatté.

Dimanche soir, l’association United migrants a pris possession d’un immeuble de quatre étages de la rue des Baudemons. Une ancienne résidence pour personnes âgées non médicalisée abandonnée depuis le printemps, en bon état vu de l’extérieur. Elle accueillait aussi des SDF vieillissants. A l’intérieur, une bibliothèque est en cours de rangement, les noms des anciens résidents pas encore effacés des boîtes aux lettres, des draps qui sont empilés sur des tables – un don récent. Peu de monde circule en ce début de matinée. Certains occupants sont déjà partis, d’autres restent dans leur chambre, la plupart du temps 20m2 où logent 2, 3 ou 4 personnes. Peu importe la promiscuité car pour la majorité, les nouveaux résidants vivaient jusque-là chez des amis à droite à gauche, quand ce n’était pas dans la rue.

Thiais, le 15 octobre 2021. Squat de migants à Thiais / La résidence de Baudemons vu de l’éxterieur.

«Quand j’ai vu ma chambre pour la première fois, j’étais très content. Je me suis dit : «Enfin je vais p…

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