“SS-Siggi” est mort

Ce fut jusqu’au bout un fanatique de droite, une icône de la scène : Siegfried “SS-Siggi” Borchardt. Selon son parti, “Die Rechte”, le Dortmundois, âgé de 67 ans, est décédé dans la nuit de dimanche après un court séjour à l’hôpital. Le parti a parlé dimanche soir “d’une mauvaise nouvelle et un choc”. Qu’on venait de perdre “un combattant depuis des décennies du mouvement national”.

Jusqu’à la dernière minute, Borchardt avait diffusé des messages d’extrême droite via son canal Telegram, fulminant par exemple contre “le joug du culte de la culpabilité” ou “une justice allemande aux ordres de l’étranger”. Il s’en prenait également à la politique contre le Covid et méprisait les masques de protection qu’il qualifiait de “chiffons pour esclaves”. Samedi dernier, Borchardt s’était plaint d’une douleur à la jambe et d’une suspicion de thrombose, qui étaient maintenant examinées à l’hôpital.

Borchardt a été actif dans la scène d’extrême droite pendant des décennies. Au début des années 1980, il fonde le Borussenfront, une troupe de hooligans d’extrême droite proche du Borussia Dortmund. Plus tard, Borchardt fait partie du Parti des travailleurs libres allemands (FAP) et de diverses camaraderie (Kameradschaften), participant aussi à Hogesa (HOoligans GEgen SAlafisten – les Hooligans contre les Salafistes). À la fin de l’été 2020, il a été condamné à plusieurs mois de prison.

Borchardt a peut-être aussi été en contact avec les terroristes de la NSU. Lorsque Mehmet Kubasik a été abattu à Dortmund, il vivait dans la même rue que celle où le meurtre a eu lieu. De plus, des enquêteurs ont trouvé dans la dernière planque de la NSU une boîte de cartouches portant la mention “Siggi”.

Selon un journaliste, Borchardt a reçu son surnom. Il aurait préféré “SA-Siggi”, a déclaré le national-socialiste convaincu. Enfin, le sexagénaire a travaillé pour le parti d’extrême droite, “Die Rechte”, où il a été président du district. En 2014, il obtient un siège au conseil municipal de Dortmund, et les néonazis prirent d’assaut une réunion électorale. Borchardt avait rendu son mandat après seulement deux mois, soi-disant pour des raisons de santé.

Les extrémistes de droite autour de Borchardt essayèrent pendant des années de faire d’un quartier de Dortmund un bastion de la scène. En raison de l’emprisonnement de Borchardt et d’autres cadres du parti, le projet est en déclin.

Après la mort de Borchardt, on peut s’attendre à des funérailles avec une très large participation dans la scène néo-nazie. “Die Rechte” ont déjà annoncé une commémoration. “Il devrait être obligatoire de rendre un dernier hommage digne à Siggi”, ont-ils dit. Lundi, une porte-parole de la police de Dortmund a déclaré au taz qu’une mobilisation appropriée serait envisagée.

taz.de