Suède : Un vote contre l’immigration et la criminalité

En se hissant à la deuxième place, l’extrême droite est la grande gagnante des législatives suédoises du 11 septembre. Elle doit maintenant s’essayer, pour la première fois, au rôle compliqué de parti associé au pouvoir.

Le peuple suédois s’est exprimé. Il en a assez que la Suède continue d’accueillir beaucoup plus d’immigrés que les pays voisins. Il est aussi profondément inquiet face à la violence et au nombre record de fusillades mortelles imputables aux milieux immigrés et au statut de superpuissance humanitaire de son pays.

Et les Suédois n’approuvent pas la diabolisation du parti qui, le premier et de la manière la plus ferme, a voulu mettre ces questions à l’ordre du jour. Ils l’ont montré aux élections législatives du 11 septembre, en accordant 20,5 % des suffrages à la principale formation d’extrême droite du pays, les Démocrates de Suède (SD). Son chef, Jimmie Akesson, dirige désormais la deuxième formation politique du royaume. C’est le plus grand parti du bloc des droites, dont le candidat au poste de Premier ministre est Ulf Kristersson, le leader des Modérés (conservateurs), qui n’ont obtenu que 19,1 %.”

Jeu égal avec les partis de l’establishment

On peut bien sûr objecter que 79,5 % des électeurs suédois n’ont pas voté pour les SD. Mais leur progression a eu lieu alors même que les Modérés et les Sociaux-démocrates, entre autres, avaient récemment durci leurs positions en matière d’immigration et de justice.

Le soir des élections, le grand expert électoral suédois, Sören Holmberg, constatait que les SD avaient réussi, de manière assez surprenante, à faire jeu égal avec les partis de l’establishment auprès de trois électorats décisifs. En effet, ils ont obtenu autant de voix d’ouvriers que les Sociaux-démocrates de la Première ministre sortante, Magdalena Andersson Magdalena Andersson ; autant de voix d’agriculteurs que le vieux parti paysan, le Parti du centre ; et autant de voix d’entrepreneurs que les Modérés.

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