Suisse : 600 cas de discrimination raciale recensés en 2020

Un total de 572 cas de discrimination raciale ont été recensés en Suisse en 2020. La majeure partie est survenue sur le lieu de travail et dans le voisinage. Comme les années précédentes, la population noire a été la plus touchée par le phénomène, avec 206 cas. Les incidents racistes ont principalement été observés dans l’espace public, les contacts avec l’administration et la police, ainsi que sur internet, indique la Commission fédérale contre le racisme (CFR) dans son rapport publié dimanche.

Le monde du travail reste le domaine le plus touché par la discrimination, avec 95 incidents recensés en 2020 par les 21 centres de conseil pour les victimes du racisme. Les victimes font état d’humiliations, de comportements dénigrants ou irrespectueux de la part de collègues, ou d’inégalités de traitement par les supérieurs.

Une étudiante s’est ainsi adressée à un centre de conseil pour avoir fait l’objet de propos méprisants de la part de la directrice de l’école primaire dans laquelle elle effectuait un stage, parce qu’elle portait un turban. Elle a finalement été sommée d’abandonner son stage.

Brimades de la part des voisins

Sur les 572 cas recensés, 72 concernaient des incidents constatés dans le voisinage ou le quartier. Les restrictions imposées dans la sphère publique pour lutter contre la pandémie ont induit un déplacement des cas de discrimination dans la sphère privée, notamment l’environnement proche du domicile.

Une famille de réfugiés reconnus a ainsi rapporté avoir subi des brimades de la part d’une voisine à leur emménagement dans un nouveau logement. Cette personne a, à maintes reprises, tenu des propos irrévérencieux envers les musulmans, insulté les enfants dans la cage d’escalier et accusé à tort la famille de faire du bruit.

Aussi des discriminations multiples

Après la xénophobie en général (304 cas), le racisme anti-Noirs (206 cas) et l’hostilité envers les personnes musulmanes (55 cas) ont été les motifs de discrimination les plus fréquemment enregistrés. Dans près d’un quart des cas, les centres de conseil ont conclu à une discrimination multiple. Celle-ci combinait le plus souvent discrimination raciale et discrimination en raison du statut de séjour, du sexe ou du statut social.

RTS