Suisse : Deux modèles de données scientifiques prédisent une victoire de Donald Trump

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Deux équipes suisses de chercheurs ont élaboré des modèles de données qui prédisent une victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine mardi. Basés notamment sur l’analyse des discours et des recherches sur internet, ces deux modèles avaient déjà annoncé l’élection du Républicain en 2016.

Les pronostics des chercheurs suisses pour l’élection présidentielle aux États-Unis vont à l’encontre de nombreux sondages donnant le candidat démocrate Joe Biden en tête avec des marges confortables.

L’une des équipes a utilisé les recherches sur Internet et les réseaux sociaux pour évaluer l’intérêt porté aux candidats. L’autre a modifié un système prédictif existant, basé sur des données économiques et le bilan du président sortant de sorte que le charisme des candidats soit aussi pris en compte.

«J’ai vraiment eu l’impression d’être le seul idiot sur la planète, avec peut-être une ou deux autres équipes de recherche, à dire que Donald Trump l’emporterait [en 2016]», se souvient John Antonakis, professeur de comportement organisationnel à l’Université de Lausanne.

Avec Philippe Jacquart, professeur à l’EM Lyon, une école de management française, John Antonakis avait prédit le résultat de l’élection en se fondant sur le charisme du candidat. «Je pensais vraiment qu’il y avait quelque chose de fondamentalement faux [dans notre méthode]», raconte-t-il.

Le problème des sondages

Les deux groupes de chercheurs estiment que les sondages se heurtent à plusieurs obstacles lorsqu’il s’agit de se faire une image précise de l’électorat. Avec le passage des téléphones fixes aux portables, il est plus difficile de contacter un échantillon représentatif de votants. Ils évoquent aussi le fait que les sondés ne sont pas forcément sincères dans leurs réponses, ou encore le fait que les répondants ne vont pas tous voter.

Les sondeurs «sont des statisticiens sérieux mais ils ont un problème très épineux à régler», relève John Antonakis.

Christoph Glauser est politologue et spécialiste des médias. Il dit avoir commencé à pointer la difficulté d’obtenir des sondages fiables il y a au moins 15 ans. Il est le fondateur de l’Institut pour la recherche appliquée d’arguments (IFAA), un centre de recherche privé basé à Berne, qui crée des systèmes informatiques dédiés à l’analyse des médias numériques et des contenus en ligne.

Christoph Glauser, son assistant de recherche Loris Schmid et Jacques Savoy, professeur en science informatique à l’Université de Neuchâtel, ont mis sur pied une équipe composée de scientifiques, d’économistes, d’experts des données, de spécialistes en informatique et de psychologues. Ils ont élaboré une méthode d’évaluation des candidats basée sur les recherches Internet et leur présence sur les réseaux sociaux.

Le manque de fiabilité des sondages «est la raison pour laquelle nous avons commencé à développer des API (interfaces de programmation d’application) afin d’analyser ce que les internautes recherchent sur le web, explique-t-il. Il s’agit de petits logiciels qui analysent, par exemple, ce que les gens recherchent réellement sur Google, Twitter et Facebook

Swiss Info

1 Commentaire

  1. J’espère tant qu’il gagne. Conforter tous les tocards progressistes qu’ils ne sont PAS le progrès, encore moins l’avenir.

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