Suisse : La plupart des nouveaux patients Covid sont issus de l’immigration

La directrice de la santé de Zurich, Natalie Rickli, veut augmenter le taux de vaccination grâce aux unités mobiles.

De nombreux patients Covid dans les unités de soins intensifs sont issus de l’immigration et ont un lien avec les pays des Balkans. Ceci est confirmé par les milieux médicaux et politiques. Toutefois, le sujet est abordé avec réticence – par crainte d’un abus politique. Dans une enquête, la «NZZ am Sonntag» révèle que de nombreux patients d’origine balkanique occupent les lits de soins intensifs en Suisse alémanique. Réactions de surprise et d’incompréhension en Suisse romande

C’est un article qui risque de susciter une belle polémique. Dans une grande enquête sur deux pages, la NZZ am Sonntag révèle qu’une majorité de «migrants» occupent actuellement les lits de soins intensifs des hôpitaux en Suisse alémanique. «Ce ne sont pas les réfractaires à la vaccination ou les sonneurs de cloches qu’on voit aux manifestations antivax qui sont hospitalisés, mais des gens d’origine balkanique souvent de retour de vacances», constate le journal dominical. Celui-ci s’appuie sur plusieurs témoignages d’experts au front de la pandémie. Interrogé, le président de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé, Lukas Engelberger, finit par concéder: «Sur la base de ce que j’entends dans les hôpitaux, c’est effectivement un problème.»

Et en Suisse romande? Contactés, les deux hôpitaux universitaires n’entrent pas en matière. «Nous n’avons pas d’informations allant dans ce sens», répond laconiquement le service de presse des HUG à Genève. Quant au CHUV à Lausanne, il fait savoir qu’«il ne peut pas transmettre des données personnelles de ses patients touchant à la nationalité ou à l’origine».

Le ministre genevois de la Santé, Mauro Poggia.

Beaucoup d’entre eux sont peu qualifiés, mal informés et reviennent tout juste de leurs vacances d’été dans leur pays d’origine. C’est ce que rapporte la “NZZ am Sonntag” en se référant aux milieux médicaux et politiques. Lukas Engelberger (46 ans), président des directeurs cantonaux de la santé, confirme : “D’après ce que j’entends des hôpitaux, c’est un problème.”

Ils sont réticents à parler du problème par crainte d’un abus politique ou d’une fausse correction. Hans Pargger, chef du service de soins intensifs de l’hôpital universitaire de Bâle, s’est récemment exprimé sans ambages dans le “Tages-Anzeiger”. Plusieurs patients avaient été infectés à l’étranger : “Nous avons une forte proportion de patients issus de l’immigration. Certains ne voulaient pas être vaccinés. D’autres n’ont pas réalisé qu’ils auraient dû être vaccinés”.
Les non-vaccinés finissent à l’hôpital : “Quand ils sont avec nous, tout le monde le regrette”(02:12)
La communication n’a pas été suffisamment efficace

Selon le rapport, les opposants à la vaccination ne sont pas les seuls à être gravement malades de Corona. Urs Martin (42 ans, UDC), directeur de la santé en Thurgovie, s’est également exprimé clairement à ce sujet. En réponse à une motion du parlement cantonal, il a expliqué : La majorité des patients covidés de l’hôpital ont un lien avec les pays des Balkans. Apparemment, il n’avait pas été possible de “communiquer avec succès” avec ces personnes au sujet de la vaccination.

Par conséquent, la campagne de vaccination de la Confédération n’a pratiquement pas atteint ces groupes de population jusqu’à présent. Les cantons redoublent désormais d’efforts pour atteindre les migrants via WhatsApp, des dépliants, des associations, des centres d’intégration et des ambassades. Engelberger veut donc proposer une mesure impopulaire au gouvernement fédéral : “Nous devons sérieusement envisager de réintroduire la quarantaine d’entrée.”

Les barrières linguistiques sont une des raisons. Marius Brülhart, expert économique au sein de la Task Force Corona scientifique du gouvernement fédéral, veut également faire porter la responsabilité sur les entreprises. “Une proportion considérable des non-vaccinés semble provenir de milieux populaires peu instruits”, déclare Brülhart. Cette démarche est également payante pour les entreprises et les commerces concernés.

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Blick