Suisse : Un Éthiopien schizophrène et paranoïaque blesse grièvement un Somalien à coup de pierre sur le crâne, « Je ne me contrôlais plus »

Un homme comparaissait à Bienne mardi, pour lésions corporelles graves. Ce sont finalement des mesures thérapeutiques dans un institut spécialisé fermé qui ont été prononcées, car il souffre de troubles mentaux

Bord du lac de Bienne, avril 2020 : le prévenu se bagarre pour trois fois rien avec un autre homme. Un troisième s’interpose pour les séparer, puis repart vers ses amis. Le prévenu revient ensuite en courant, armé d’une pierre de près d’un kilo pour viser l’individu avec qui il s’était battu. Mais en la lançant, il atteint l’homme qui s’était interposé plus tôt, le blessant à la tête. Lésion corporelle grave. L’auteur du coup, un ressortissant éthiopien, comparaissait mardi au tribunal régional Jura bernois Seeland à Bienne.

Blessure crânienne

La victime, depuis, porte toujours une casquette. Cet homme d’une quarantaine d’années qui s’exprime en langue somali a été entendu mardi matin. Il a expliqué vouloir cacher sa cicatrice, mais aussi la protéger du soleil. Le coup lui a causé une blessure de cinq centimètres de diamètre. « Je ne suis plus comme avant », a-t-il expliqué par la voix de son traducteur. Une année après les faits, la victime a expliqué souffrir de problèmes de concentration et de douleurs parfois intenses. Les conséquences à long terme sont incertaines.

Irresponsabilité totale

« Je n’étais plus moi-même, je ne me contrôlais plus », a expliqué le prévenu à travers sa traductrice devant le président du tribunal. Le jour des faits, il était en pleine crise. Une expertise psychiatrique lui décèle une schizophrénie paranoïde, une maladie qui se manifeste par des hallucinations et une perception erronée de la réalité. Le rapport souligne en outre que les symptômes existaient déjà avant l’arrivée de l’accusé en Suisse en 2008. « La maladie n’a pas été traitée correctement pendant des années », a déclaré le président. L’accusé n’est pas responsable de son acte. Le Ministère Public a requis une mesure thérapeutique en institut fermé. Le rapport d’expertise insiste aussi sur une prise en charge sociale : l’homme est sans domicile fixe, et isolé. Une situation qui pourrait aggraver le risque de récidive. Les mesures sont donc à double effet : pour la santé du prévenu, et pour la sécurité publique.

Pas de renvoi

La défense a tenté de demander que son client soit placé dans un institut ouvert, et que le chef d’accusation soit « lésions corporelles simples ». Sans succès. En raison du risque de récidive pour le premier point, et en raison des séquelles encore actuelles de la victime pour le second. La question du renvoi de l’accusé en Éthiopie a aussi été évoquée par les parties, mais les conditions n’étaient pas réunies pour prononcer une telle sanction. En attendant d’être placé dans un institut spécialisé, l’homme restera en détention.

RJB