Le mythe de Merlin

Enchanteur ou druide ? Ce personnage des légendes arthuriennes n’était en réalité pas celui que l’on croit. Nota Bene éclaircit son histoire.

On l’imagine barbu, sillonnant la forêt de Brocéliande, en quête d’une bonne action à accomplir. Merlin, connu comme l’un des protagonistes des aventures du roi Arthur, jouit d’une image très positive. Détrompez-vous ! Sur sa chaîne, Benjamin Brillaud farfouille dans le passé pour retracer la genèse du sorcier. On découvre avec stupeur que le bon vieux magicien incarnait au départ une sorte d’Antéchrist. Cela ne l’a pas empêché de s’inscrire rapidement dans la culture populaire, au point que les textes se référant à lui ont servi de prophéties pour les politiques ou les religieux au cours du Moyen Âge. Avec le professionnalisme qu’on lui connaît, Nota Bene raconte l’évolution du personnage devenu druide écolo, ami des bêtes et de la forêt. Un changement récent qui montre comment une légende peut être réinterprétée à l’aune de nouvelles problématiques sociétales. Surprenant.

Télérama

Merlin (en gallois Myrddin, en breton Merzhin), communément appelé Merlin l’Enchanteur, est un personnage légendaire, prophète magicien doué de métamorphose, commandant aux éléments naturels et aux animaux dans la littérature médiévale. Sa légende provient à l’origine de la mythologie celtique galloise, et s’inspire certainement d’un druide divin, mêlé à un ou plusieurs personnages historiques. Son image première est assez sombre. Les plus anciens textes concernant Myrddin Wyllt, Lailoken et Suibhne le présentent en « homme des bois » torturé et atteint de folie, mais doué d’un immense savoir, acquis au contact de la nature et par l’observation des astres. Après son introduction dans la légende arthurienne grâce à Geoffroy de Monmouth et Robert de Boron, Merlin devient l’un des personnages les plus importants dans l’imaginaire et la littérature du Moyen Âge.

Dans le cycle arthurien, dont il est désormais indissociable, Merlin naît d’une mère humaine et d’un père diabolique. Bâtisseur de Stonehenge, il emploie ses sortilèges pour permettre la naissance du Roi Arthur et son accession au pouvoir, grâce à l’épreuve de l’épée Excalibur et à la formation de la Table ronde. Conseiller du roi et de ses chevaliers, il prédit le cours des batailles, influe sur leur déroulement et entraîne la quête du Graal. Homme sauvage proche du monde animal, Merlin se retire régulièrement en forêt pour y rencontrer son scribe et confident Blaise. Son histoire connaît différentes fins selon les auteurs, la plus connue étant celle où il tombe éperdument amoureux de la fée Viviane, à laquelle il enseigne ses secrets de magicien. Elle finit par l’enfermer à jamais dans une grotte ou une prison d’air, en usant de l’un de ses propres sortilèges.

Merlin est mentionné très régulièrement dans la littérature depuis le Moyen Âge, qui a construit son image par inspiration successive entre différents auteurs. Archétype du sorcier ou du magicien, son nom est fréquemment associé à la fonction d’« enchanteur », notamment depuis que ce terme a servi de titre à la version française du célèbre dessin animé de Walt Disney dans les années 1960, Merlin l’Enchanteur. Il reste une source d’inspiration pour de nombreux auteurs et artistes, comme Guillaume Apollinaire (L’Enchanteur pourrissant), René Barjavel (L’Enchanteur), Stephen R. Lawhead (Cycle de Pendragon) et T. A. Barron (Merlin). Son mythe est enfin, de nos jours, le sujet de romans, de poèmes, d’opéras, de pièces de théâtres, de bandes dessinées, de films, de téléfilms, de séries télévisées, et de jeux […]

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