Taha Bouhafs : Portrait du journaliste-militant à l’origine de la dernière plainte contre Fdesouche

Taha Bouhafs est né en 1997 à Aïn-Beida (Algérie). La famille Bouhafs immigre en France quatre ans après sa naissance, à Échirolles, près de Grenoble, alors que la guerre civile algérienne entre dans une phase de refroidissement. Ses parents, professeurs, ne peuvent retrouver un emploi équivalent dans l’Hexagone et finissent par exercer des métiers non-qualifiés pour subvenir aux besoins de Taha et de sa sœur jumelle. De coups d’éclat en provocations, le journaliste rejoint Gaspard Glanz et David Dufresne (pour qui son homologue est « la relève de la profession ») au rang des martyrs antifas de la liberté d’informer.

À la croisée des mouvements sociaux et communautaires, le jeune Bouhafs mène habilement sa barque en rêvant de ses lendemains qui chantent à lui, un soulèvement des banlieues sous la bannière du croissant islamique. Et il ne recule ni devant les fake news éhontées, ni devant une violence verbale peu commune sur les réseaux sociaux, pour porter cette sixième république sur les fonds baptismaux. Portrait d’un fellaga du Média.

Formation

Le jeune Bouhafs quitte l’école et sa famille à 16 ans. Il accumule les petits boulots en ayant pour seul horizon, selon ses dires, « de ranger des surgelés à Carrefour ».

Faits notoires

  • La rumeur de Tolbiac

Le vendredi 20 avril 2018, les CRS évacuent les étudiants qui occupent les locaux de l’Université Paris I Sorbonne depuis trois semaines, à l’occasion des manifestations contre la loi ORE qui instaure une sélection à l’entrée de l’université. Il affirme alors qu’un étudiant serait mort suite à l’intervention des policiers et qu’on verrait même « du sang partout ». Cette fausse information, relayée principalement par le média d’extrême-gauche Reporterre, est démentie par la préfecture de police dans un premier temps, puis par CheckNews, l’équipe de fact-checking de Libération, qui met en doute la fiabilité des témoignages. 

Alors qu’un second article du même quotidien rapporte que le témoin principal, militante insoumise, aurait reconnu avoir menti, Bouhafs persiste et signe, accusant Libération de répandre « mensonges et calomnie » sur son profil Facebook. Il reconnaît toutefois son erreur de mauvaise grâce et déclare notamment à France 24 que “cette erreur est un acte fondateur pour moi, j’ai changé de démarche depuis ». Pour ne rien gâter, Taha Bouhafs est également aperçu sur une vidéo où il s’interpose entre un policier et une manifestante avant de hurler « Vous êtes des grosses merdes ! » au nez de ce dernier.

  • Origine de l’affaire Benalla

Présent lors d’un apéro militant place de la Contrescarpe, le jeune militant capture sur son smartphone l’intervention musclée des CRS et la publie sur Twitter. On y voit notamment un homme, habillé en civil et coiffé d’un casque de moto, maîtriser virilement un manifestant et le plaquer au sol. Deux mois et demi plus tard, Ariane Chemin, dans un article du Monde, divulgue l’identité de ce mystérieux personnage, qui n’est rien de moins que l’homme de main du président de la République, Alexandre Benalla. Bouhafs, à son grand regret, n’est pas crédité dans l’article, mais cette heureuse coïncidence va signer le début de sa carrière prometteuse de vigie d’extrême-gauche.

  • Interpellation musclée à Alfortville (Val-de-Marne)

En juin 2019, il est interpellé alors qu’il couvre une manifestation de travailleurs sans-papiers devant le centre Chronopost de Champs-sur-Marne qui les employait illégalement. Il aurait entravé l’action des forces de l’ordre et a par la suite résisté à son interpellation, exactement comme à Villeneuve-la-Garenne quelques mois plus tard lors du confinement. Suite à l’interpellation, il souffre d’une luxation de l’épaule et son téléphone est mis sous scellés. Cette arrestation est à l’origine d’une levée de boucliers d’une grande partie de la profession, qui dénonce à l’unisson cette interpellation abusive qu’elle considère être une atteinte à la liberté de la presse. La tribune du Monde est signée par pas moins d’une vingtaine de sociétés de rédacteurs : AFPArteBFMTVCourrier internationalLes ÉchosL’ExpressFrance CultureFranceinfo.frFrance 24L’HumanitéLibérationMediapartLe MondeL’ObsSud OuestTéléramaTV5 Monde, la rédaction des Jours et la rédaction de Reporterre. Alors qu’il est inculpé pour outrage et rébellion, une lettre de l’IGPN disculpant Bouhafs et attaquant le dossier de l’accusation est opportunément transmise au juge. Bouhafs est tiré d’affaire.

Cela n’empêche pas le jeune homme de divulguer l’identité ainsi qu’une photo en gros plan du policier incriminé sur les réseaux sociaux alors même que la procédure judiciaire est encore en cours. Bouhafs est tiré d’affaire lorsque le tribunal le relaxe définitivement du chef de rébellion le 11 mai 2021. Le tribunal a considéré qu’il n’avait « pas dit “racaille de flics” et que les propos énoncés ne pouvaient pas être outrageants » car la fonction du policier, « pas clairement identifié », ne pouvait « être connue de l’auteur ».

  • Macron aux Bouffes du Nord

Bouhafs a vent de la présence d’Emmanuel et de Brigitte Macron au théâtre des Bouffes du Nord à Paris. Il s’installe quelques places derrière eux et annonce sur Twitter la présence du couple présidentiel au théâtre, photo à l’appui : « Je suis actuellement au théâtre des Bouffes du Nord (métro La Chapelle). 3 rangées derrière le président de la République. Des militants sont quelque part dans le coin et appellent tout le monde à rappliquer. Quelque chose se prépare… La soirée risque d’être mouvementée ». À l’issue de la représentation, alors qu’il filmait l’évacuation des manifestants qui avaient pénétré par effraction dans le théâtre sous les coups de 22h, le reporter est interpellé et placé en garde à vue. La juge d’instruction lui accorde le statut de témoin assisté à l’issue de sa garde à vue, dans le cadre d’une information judiciaire pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou dégradations » et « organisation d’une manifestation non déclarée ».

Le 19 mars 2021, la juge d’instruction prononce un non-lieu, suivant les recommandations antérieures du parquet de Paris sur ce dossier. Même si la juge explique, dans son ordonnance, que « compte tenu de la qualité de journaliste de Taha Bouhafs, les données extraites de [son] téléphone et placées sous scellés n’étaient pas exploitées », le militant a déploré une « exploitation » de son téléphone portable et fait état de son intention de déposer une plainte pour « violation du secret des sources ». Selon lui, son téléphone contient « une vidéo terrible » pour Emmanuel et Brigitte Macron qui « prennent leurs jambes à leur cou » lors de l’intrusion des militants.

  • Valeurs Actuelles et Zemmour

Après que Valeurs a publié un article mettant en lumière l’affinité profonde qui unit Assa Traoré et Taha Bouhafs, au point que ces deux révolutionnaires publient des clichés de leurs vacances bien méritées dans la région de Marseille sur Instagram, Bouhafs voit rouge. Il qualifie l’auteur de l’article de « pseudo journaliste » et précise qu’il n’a « pas de leçon d’antiracisme à recevoir de propagandistes d’extrême droite qui se pignolent sur ce sous-humain de zemmour ». Fait rare pour être signalé, il supprime le tweet devant le tollé suscité par l’emploi d’un terme qui jure quelque peu avec les traditions de l’extrême-gauche, surtout si on le traduit en langue tudesque.

  • Des militantes menacées

Bouafs divise même dans son propre camp, et gare aux moutons noirs qui mettent en péril le récit hagiographique de la sainte de l’antiracisme officiel Assa Traoré. C’est ce qu’a appris une militante à ses dépens quand elle a osé critiquer l’opportunisme de la porte-parole du clan Traoré, accusée de vouloir s’accaparer entièrement la lutte contre les violences policières (au détriment d’associations parfois plus anciennes et mieux implantées) et d’en retirer des bénéfices financiers. Comme le rapporte Valeurs Actuelles, l’impétrant aurait envoyé des messages fleuris à cette militante : « Ça veut porter plainte contre un frangin [ndlr, Youssouf Traoré, qui avait menacé les voix dissidentes par messages privés] déjà incarcéré. Bien les militants 2.0. […] Je [ne] parle pas aux collabos, va te cacher et ne te dis plus jamais militante, vieille folle ». Mettre en lumière les combines du clan Traoré est aussi défendu que de manger un sandwich dans la rue pendant le ramadan et vaudra la même sanction, y compris pour les frangines !

  • « Arabe de service »

Le 3 juin 2020, Linda Kebbab, une gardienne de la paix porte-parole du syndicat Unité SGP FO, jugeait sur FranceInfo que la mort d’Adama Traoré intervenue après son arrestation par les gendarmes en juillet 2016 « n’a absolument rien à voir, ni dans son histoire, ni dans son fond, ni dans sa technicité » avec celle de George Floyd tué à Minneapolis en mai 2019. Dans un tweet, Bouhafs désigne alors Linda Kebbab comme une « ADS : Arabe de Service ». Dans la foulée, la policière dépose plainte pour « injure publique en raison de son origine ». Le journaliste militant, qui ne s’était pas présenté le 7 avril 2021 en invoquant un vice de procédure, comparait le 9 juin au tribunal de Paris devant la 17e chambre correctionnelle.

Sur Twitter, Taha Bouhafs annonce en grande pompe que plusieurs noms de la fine fleur des décoloniaux témoigneront lors du procès, dont le sociologue Éric Fassin, la politologue Françoise Vergès ou Youcef Brakni (voir § Nébuleuse). La stratégie des avocats de Bouhafs est de prouver l’existence d’un racisme systémique au sein de l’institution policière ; aussi, des policiers victimes de racisme sont appelés à la barre comme témoin. Après plus de 10 heures de procès, la sanction tombe : Bouhafs est condamné à verser 1500 euros d’amendes à la plaignante, le procureur de la République ayant estimé qu’il s’était rendu coupable d’«un propos intrinsèquement raciste qui tombe sous le coup de la loi ». La décision finale est mise en délibéré au 28 septembre 2021.

Parcours militant

Le premier engagement militant qu’il confesse est celui de la participation aux manifestations contre la Loi Travail à Grenoble. Constatant l’absence d’individus partageant son profil sur place, il crée la Commission « Quartiers Populaires » de Nuit Debout Grenoble. Sa frustration ne s’atténue pas pour autant :

« Je voyais passer les féministes, les écolos, tout le monde. Certains trucs me rendaient complètement ouf ! On me parlait de planter des carottes, alors qu’il y avait des gens qui mouraient de violences policières chez moi ! Je craquais ! ».

Le jeune homme prend son mal en patience et finit par prendre sa carte à La France Insoumise. Il se présente sur la liste du parti de Mélenchon dans sa ville natale (deuxième circonscription de l’Isère) en 2017, arrive troisième avec 12 % des suffrages. L’équipe du candidat LREM lui reproche de venir perturber des réunions publiques, tant et si bien qu’il provoque une altercation en pleine rue avec un militant LREM, même s’il clame être la victime de ce coup de sang. Il finit par porter plainte contre le militant qui l’a pris à partie.

Il met en pratique son art consommé de la provocation lors de l’Université d’été du parti à l’été 2019, alors qu’il tronque et diffuse une phrase prononcée par l’historien de la laïcité Henri Peña-Ruiz : « on a le droit d’être islamophobe ». Cette initiative agace passablement les cadres du parti et Bouhafs n’aura d’autre choix que de s’éloigner graduellement des Insoumis, chez qui il n’est plus vraiment en odeur de sainteté.

Il est également l’un des organisateurs de la manifestation contre l’islamophobie du 10 novembre, initiée en bonne part par le CCIF et soutenue par Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, qui faisait suite à l’attentat raté sur la mosquée de Bayonne. « Peu d’hommes politiques ont pris la parole à l’issue de la manifestation, même si Jean-Luc Mélenchon a été acclamé par la foule aux cris de « Mélenchon président ! » La France Insoumise serait en négociation avec le principal architecte de cette marche, Madjid Messaoudene, conseiller municipal à Saint-Denis, pour qu’il y porte les couleurs du parti aux élections municipales de mars prochain. Interrogé par La Vie, Eric Coquerel, député FI de Saint-Denis, a refusé de démentir cette rumeur. » (La Vie)

En décembre 2020, il annonce changer d’écurie quitte Là-bas si j’y suis pour rallier la rédaction du Média, dans ses locaux de Montreuil.

Sa nébuleuse

Le journaliste-militant est proche d’activistes indigénistes et islamistes appartenant au Comité « La Vérité pour Adama ».

Youcef Brakni, porte-parole du comité, est un ancien militant des Indigènes de la République et du Mouvement Islamique de Libération, très actif dans sa ville de Bagnolet où il est connu pour avoir cité des passages du Coran lors du conseil municipal et invectivé violemment des élus qui y siégeaient. « Il fut candidat pour “Français et Musulmans” aux législatives 2017 en Seine-Saint-Denis, soutenu, là encore, par Youcef Brakni. Mélangeant allègrement religion et politique, le parti organisa un meeting politique dans une mosquée de Montreuil le 25 février 2017, avec pour représentants Jimmy Parat et Youcef Brakni aux côtés de Noureddine Aoussat, un imam-prêcheur ultra conservateur, au mépris de l’article 26 de la loi de 1905. » (Naëm Bestandji)

Entre 2011 et 2013 par exemple, sous la précédente mandature, de nombreux équipements municipaux (cinéma, gymnase, salle, etc.) ont été mis à la disposition de Youcef Brakni pour ses activités militantes. Sous la houlette de son association, le Groupe des associations de Bagnolet (GAB), il organise ainsi la venue du gratin de l’islamo-indigénisme dans la ville. Avec la bénédiction du maire Marc Everbecq, des personnalités telles que la porte-parole du parti des Indigènes de la République Houria Bouteldja, Tariq Ramadan ou encore l’ancien directeur du CCIF Marwan Muhammad — pour ne citer qu’eux — tiennent durant des heures le crachoir. En 2012, c’est à l’occasion d’un de ces événements intitulé “Printemps des quartiers populaires”, que Bouteldja déclare : « Mohamed Merah, c’est moi. » (Valeurs Actuelles)

Madjid Messaoudene est la stricte réplique de Brakni dans la ville de Saint-Denis. À ceci près que ce dernier a réussi à siéger au conseil municipal, tout en étant délégué à l’égalité et à la lutte contre les discriminations, ce qui lui confère un pouvoir de nuisance plus important encore. Proche du CCIF et de l’idéologie frèriste, il a contribué à faire de Saint-Denis le camp de base de la mouvance décoloniale. « L’homme facilite aussi l’organisation de réunions publiques à Saint-Denis, rassemblant la fine fleur de la sphère « décoloniale ». Lieu privilégié de ces raouts : la Bourse du travail. Elle a accueilli le congrès fondateur du Parti des indigènes de la République (PIR) en 2010, un meeting du PIR et de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF, émanation des Frères musulmans) le 18 décembre 2016… Le 11 décembre 2015, un mois après les attentats de Paris, Madjid Messaoudene réunissait tout ce petit monde, avec Tariq Ramadan en invité vedette, pour une réunion « contre l’islamophobie », évidemment, mais aussi pour dénoncer des interventions policières accusées de « choquer les habitants »… Comme celle du 18 novembre, où les forces de l’ordre ont appréhendé les terroristes islamistes. » (Marianne)

Il est à l’origine de la défaite électorale du maire sortant de Saint-Denis, Laurent Russier (PCF), car l’alliance entre les listes PCF et LFI supposait que son nom soit effacé de la liste des Insoumis. Saint-Denis, communiste depuis la Libération, tombe ainsi dans l’escarcelle du PS.

Daniel Mermet : l’ancien totem trotskyste de France Inter, proche du FLN dans sa jeunesse, séduit par la fougue de l’agitateur, décide de l’engager comme reporter à Là-bas si j’y suis après avoir entendu parler de lui suite à la diffusion de la vidéo de Benalla. « Après l’avoir reçu dans son émission enregistrée à la Fête de l’Humanité en septembre 2018, il lui donne sa chance à partir du 8 décembre. » (Libération) Une fois son embauche effective, il commence par couvrir les manifestations des Gilets jaunes pour le média.

Arié Alimi : avocat juif algérien originaire de Sarcelles et membre du comité central de la Ligue des Droits de l’Homme, sa conscience politique s’affirme à Assas, alors même que la faculté est traversée par des tensions entre le GUD et l’Union des Etudiants Juifs de France, auquel il appartient. Il défend Taha Bouhafs, ainsi qu’une flopée de militants d’extrême-gauche ou pro-palestiniens. Ses combats le font passer pour un « juif honteux » aux yeux de la communauté juive française. « J’essaie simplement de véhiculer une autre vision du judaïsme, qui a déjà existé : un judaïsme éclairé, rationnel, libéré des peurs et des crispations identitaires. Ma défense de Nabil Koskossi, mes liens d’amitié avec le journaliste Taha Bouhafs, avec des gens du Comité Adama, avec des militants qui ont des affinités avec la cause palestinienne, ma participation à l’organisation de la manifestation du 10 novembre 2019 contre l’islamophobie… Tout cela m’a valu des cris, des insultes. Mais l’essentiel est de casser les préjugés, les paranoïas, de jeter un pont entre les deux rives. Je veux contribuer à cela, fût-ce modestement. » (Ballast)

Danièle Obono et Eric Coquerel : la première est députée du 18e arrondissement de Paris et le second de Seine-Saint-Denis. Ils sont tous deux représentants d’une attitude complaisante vis-à-vis de l’islam politique au sein de LFI. « La France insoumise est à la recherche des voix des “quartiers”. Éric Coquerel, député insoumis, estime que c’est là que se trouvent les 600.000 bulletins qui lui ont manqué pour accéder au second tour de 2017. “Il faut que les candidats du 93 aient la couleur de peau des gens qui vivent dans le 93.” affirme même M. Coquerel. » (Marianne) Ils apportent leur soutien au journaliste autoproclamé à chaque fois que celui-ci rencontre des ennuis judiciaires. Il a même été choisi par Coquerel, aux côtés de son frère de lutte Youcef Brakni, pour organiser les « États généraux des quartiers populaires » à Épinay en novembre 2018. Il se rend également, accompagné de ses camarades « indigénistes communautaristes » aux vœux d’Éric Coquerel trois mois plus tard à l’Ile-Saint-Denis.

Mehdi Meklat : proches dans la vie, Bouhafs aurait passé des essais pour incarner son ami dans un film retraçant l’affaire Meklat qui doit être réalisé par Laurent Cantet.

Aude Lancelin : la passionaria de l’extrême-gauche a appelé à libérer Bouhafs, selon elle « embastillé pour un tweet » après qu’il ait été placé en garde à vue suite à l’épisode des Bouffes du Nord. Ce dernier figurait parmi les cosignataires du manifeste de son nouveau média, Quartier Général, qu’elle a fondé dans la foulée de son éviction du Média.

Il l’a dit

« Sale sioniste veut dire sale juif ? Sacré Benoit, c’est bientot le dîner du CRIF, et t’as pas envie d’être privé de petits fours, je comprends. »Twitter, 18/02/2019.

« Certains m’ont proposé le job en me demandant d’être moins militant. Mais il y a toujours un regard sur l’info, je les trouve hypocrites. J’ai refusé. »StreetPress, 19/02/2019.

Au sujet de Nuit Debout : « C’était une ultra-politisation hyper rapide ! Et puis je n’avais jamais vraiment discuté avec des blancs. Les seuls que je connaissais, c’était mes profs ou la police. Que des relations conflictuelles. », Idem

« Les keufs essayent de m’empêcher de filmer. Me poussent. Un premier n’a pas de matricule. Un deuxième n’a aucune distinction de police, il me pousse sur quinze mètres et me met un coup de poing au torse. Je m’énerve contre eux. Ils décident de m’embarquer. L’un d’entre eux me chope le bras. Je lui dis qu’il va me péter l’épaule. Il continue. Mon épaule s’est déboîtée dans ses bras. J’ai hurlé de douleur. Ils m’ont quand même mis par terre, l’un avait un genou sur mon ventre, l’autre sur mes jambes, l’autre sur ma tête. J’avais du mal à respirer. »Les Inrockuptibles, 14/06/2019.

Au sujet de la fake news de Tolbiac : « Je n’étais pas journaliste à ce moment-là et je ne pensais pas que j’allais le devenir. Moi j’y ai cru parce que j’avais toutes les raisons d’y croire. Dans le contexte des violences de l’évacuation, je suis tombé dans le panneau. Ça m’a appris une chose : c’est de vérifier, de recouper et pas de seulement croire les gens sur parole. A l’époque, je filmais les manifs sur Twitter. Ce n’était pas une démarche journalistique assumée. J’ai été trompé comme le Média, comme Marianne, comme Reporterre.»Libération, 20/06/2019.

« Les pouilleux de Charlie Hebdo n’existent qu’à travers notre indignation. Cessons de commenter leurs unes dégueulasses et ils cesseront d’être. »Twitter, 30/10/2019.

« Dans ce téléphone, assure-t-il à “Quotidien”, il y a une vidéo terrible. On voit un président de la République ainsi que la première dame prendre leurs jambes à leur cou. Ils courent. Ils fuient des gens qui sont rentrés dans le théâtre et qui viennent leur demander des comptes. Cette image, elle est terrible. Elle est dans ce téléphone et j’ai peur que cette vidéo disparaisse. »L’Obs, 21 janvier 2020.

Ils l’ont dit

 « Il lui a demandé de partir. Peut-être qu’ils se sont pris par le bras… Il lui a dit : Pourquoi tu es là ? Pourquoi tu dis des choses par derrière ? [Taha Bouhafs aurait notamment dit ou repris cette phrase : “Macron, c’est une banane”, ndlr]. Il n’y a pas eu d’agression comme il le dit. […] Ma réaction est de ne pas réagir à cette provocation. C’est un incident qu’il est venu créer lui-même pour se faire de la pub et pour, derrière, venir gonfler quelque chose qui n’existe pas. Je ne comprends pas pourquoi il a fait ça. », Jean-Charles Colas-Roy, Place Gre’net, 04/06/2017.

« Un véritable Rouletabille radical, c’est-à-dire qu’il est partout où il faut. Il a une vision de journaliste mais évidemment au service d’un militant politique. Moi je suis assez halluciné du sixième sens qu’il a: il est partout où il faut être » Eric Coquerel, Le Courrier de l’Atlas, 13/12/2018.

« Quand l’été dernier, je découvre la vidéo de la Contrescarpe, je regarde qui a filmé. Taha Bouhafs est un militant de La France insoumise, mais pour moi, il est alors le garçon qui a inventé un mort à Tolbiac. Donc je suis méfiante. Je cherche à récupérer d’autres images de la scène, je contacte des manifestants présents », Ariane Chemin, Society, juin 2019.

« Il fume depuis qu’il a douze ans — désormais “tous les jours” — du tabac Adalya de préférence, et c’est au filtre de cette vapeur aromatisée qu’il analyse les rouages du monde qui l’entoure. […] C’est donc logiquement autour d’un narguilé, dans le Xe arrondissement, qu’on retrouve Taha Bouhafs ce 13 juin. Il est 18 heures, et le reporter a un petit creux. Il faut dire qu’il se lève rarement avant 13 heures : “Le matin, je connais pas”, rigole-t-il. »Les Inrocks, 14/06/2019.

« Les vieux cons vous saluent bien et préfèrent abandonner ce métier plutôt que de s’associer par lâcheté corporatiste à une pétition qui fait semblant de croire que ce monsieur est journaliste. Il a le droit de s’exprimer en tant que militant mais il n’est pas journaliste », Fabien Namias, Twitter, 15/06/2019

« Grand amateur d’assignations identitaires, ne pouvant concevoir que des Français d’origine maghrébine aient l’outrecuidance de condamner les dérives de l’islam politique – on se souvient de son « arabe de service » à l’attention de l’historien Nader Allouche, ou encore de ses algarades twitteriennes contre les « collabeurs » Majid Oukacha, Zohra Bitan ou Zineb el Rhazoui – Taha Bouhafs pratique également le cyberharcèlement. Voire même le « doxxing », cette pratique qui consiste à dévoiler et diffuser les coordonnées personnelles d’une personne, dans l’optique de la livrer en pâture aux réseaux sociaux. La même Zohra Bitan, chroniqueuse des Grandes Gueules sur RMC, en a d’ailleurs fait les frais en juillet 2019. »Valeurs Actuelles, 18/01/2020.

« «Touch’mwa pas», alias #TahaBouhafs, roquet islamiste, harceleur et doxxer en ligne, appelle au lynchage du président @EmmanuelMacron avant de se victimiser au titre de la liberté d’expression. Une liberté qu’il combat lorsqu’il s’agit de critiquer l’islam. #FichezSTaha », Zineb El Rhazoui, Twitter, 18/01/2020.

« À l’issue de ce retour sur le parcours du jeune homme, une question s’impose : jusqu’à quand la France va-t-elle tolérer qu’un parfait petit soldat de la haine anti-flic, qui ne cesse de violer les lois et de souffler sur les braises de la guerre civile se cache derrière l’étiquette de journaliste ? Autrement dit, quand l’enfumage Taha Bouhafs prendra-t-il fin ? Faudra-t-il attendre que des émeutiers tuent des policiers et des gendarmes à l’arme lourde pour que l’on arrête de prêter l’oreille à tous les charlatans qui entretiennent un climat de détestation envers eux et les lois françaises qu’ils représentent ? »L’Incorrect, 23/04/2020.

« J’attendais beaucoup de cette journée, je déplore la lâcheté [de Taha Bouhafs]. Je crois qu’il craint surtout de voir mis au jour ses manipulations et son fonds de commerce qui est tout sauf antiraciste, mais qui a plutôt vocation à nous diviser […] Nous sommes en République française, nous sommes Français autant que les autres, ce n’est pas renier son patrimoine familial ou sa culture que d’embrasser un uniforme que nous aimons vraiment, sur un territoire où nous sommes nés et où nous grandissons », Linda Kebbab, syndicaliste policière insultée par Bouhafs, Marianne, 07/04/2021

« À l’évidence, il ne parlait pas de tous les Arabes – au contraire. Mais la bataille porte bien sur la manière de définir le racisme. Contre les mobilisations antiracistes, Linda Kebbab déclarait en effet : “En France, il y a une chose qui est importante et que malheureusement on est en train de bafouer, c’est la non-racialisation des débats que certains veulent importer”D’ailleurs, la LICRA se porte а nouveau partie civile. Et c’est а propos de la police, une nouvelle fois, que cette question est posée. Autrement dit, l’enjeu est bien politique : avec la définition du racisme, c’est du rôle de l’État qu’il s’agit », Éric Fassin, Mediapart, 09/06/2021.

OJIM