Tarbes (65) : Le Guinéen Mamoudou Diané, jeune qualifié en installation thermique, attend toujours des papiers français

Devant la préfecture, une soixantaine de membres du collectif « Réseau Éducation Sans Frontières 65 » se sont regroupés hier après-midi. Face à la situation urgente de régulariser une dizaine de jeunes migrants, la préfecture tarde à traiter le dossier soutenu par les parlementaires locaux. Une attente épuisante pour Mamoudou Diané, 21 ans, en France depuis le 5 octobre 2018.

J’ai un frère qui a pété un câble, il a perdu le contrôle. J’ai eu une chance que lui n’a pas eue peut-être. Il n’a pas su tenir moralement car il n’a pas les personnes autour, quand il a besoin. Nous apprécions beaucoup le soutien des professeurs et des associations. Sans eux, ce serait autre chose ».

Le Guinéen vit difficilement cette période accentuée par le confinement. « Nous profitons de l’ouverture des classes pour manger à la cantine le midi, avec l’aide des professeurs pour subvenir à nos besoins aussi. Si on n’a pas l’aide des professeurs et des associations, ce n’est pas facile. J’ai une proposition d’embauche, j’ai déposé mon dossier à la préfecture mais je n’ai toujours pas de réponse. Comme les autres, on attend, on attend et on attend », insiste Mamoudou, actuellement en train de suivre un bac en énergie, après une formation en installateur thermique au lycée Sixte-Vignon.

L’autorité française ne nous considère pas comme ses membres de la société. Nous voulons travailler, subvenir à nos besoins. Nous respectons la France, ses valeurs, c’est pour ça que nous avons décidé de s’intégrer dans la société française. Nous demandons aux autorités de nous donner l’autorisation d’être au moins indépendant. Chez nous, on dit qu’au lieu d’aller pêcher à chaque fois et d’en donner une partie à ton voisin, il faut l’apprendre à pêcher. S’il sait pêcher, la partie que tu lui donnes tu peux la garder pour autre chose. Et lui aussi sera heureux à son tour »

La Dépêche