Tautavel (66) : Un os humain vieux de 450.000 ans identifié sur le célèbre site préhistorique

Un bout d’ossement « très rare », vieux de 450.000 ans, trouvé dans la grotte de Tautavel (Pyrénées-Orientales), a été identifié comme appartenant à un être humain, a informé, mercredi 17 mars, le centre de recherche du célèbre site préhistorique.

De nombreux fragments de plusieurs « hommes de Tautavel » – des membres du genre Homo – ayant vécu il y a 450 000 ans ont déjà été découverts depuis plus d’un demi-siècle. Il s’agit, cette fois-ci, d’un bout de péroné d’un peu moins de six centimètres de longueur, trouvé il y a dix-huit ans par l’archéologue Christian Perrenoud, responsable des recherches sur ce site fouillé de manière systématique depuis 1964.

Selon lui, « il est très rare de trouver des ossements humains de cette époque, notamment parce que les hommes ayant vécu il y a plus de 100.000 ans n’enterraient pas leurs morts ». En outre, il est difficile de savoir si un bout aussi petit que ce morceau de péroné appartient à un être humain.

« Quand vous avez un morceau qui fait 40 centimètres, vous allez tout de suite vous dire » qu’il a probablement appartenu à un humain. « Mais quand vous avez un petit morceau qui fait quelques centimètres, sachant qu’il y a 122 espèces fossiles décrites dans la grotte, on fait très attention avant d’affirmer que ça vient de l’homme », selon M. Perrenoud. C’est une des raisons pour lesquelles « on a mis dix-huit ans » à l’identifier. « Il faut le vérifier, bien voir que ça vient de l’homme et pas d’un autre animal », précise-t-il.

Aucune recherche ADN possible

Cette vérification se fait notamment par différentes comparaisons avec le squelette de l’homme actuel, qui ressemble encore, malgré tout, à ses lointains ancêtres, mais aussi avec d’autres ossements déjà identifiés comme étant humains.

« En l’occurrence, il s’agit d’un fragment de péroné. On en a d’autres dans le site avec lesquels on a pu le comparer. On a même un autre morceau qui pourrait appartenir au même individu », a-t-il précisé.

En revanche, aucune recherche d’ADN n’est possible sur des fossiles si anciens. « Nous ne sommes pas encore capables d’aller au-delà de 80.000 ans maximum avec l’ADN, même s’il y a des exemples en Espagne où l’on a réussi à aller un peu plus loin », a expliqué M. Perrenoud.

La Caune de l’Arago, ou grotte de Tautavel, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Perpignan, a déjà livré un très grand nombre de fossiles qui ont permis de reconstituer l’évolution des faunes, des flores, des paysages et des climats méditerranéens d’il y a entre 100.000 et 700.000 ans.

Le Figaro