Texas : Le gouverneur Greg Abbott veut transformer l’Etat en “Trumpland”

Candidat à sa réélection l’année prochaine, l’emblématique gouverneur du Texas suit avec application la ligne politique de Donald Trump. Une stratégie qui séduit l’électorat conservateur et pourrait bien le mener à l’élection présidentielle de 2024.

“Abbott fait son chemin”, titre en une le Washington Examiner. Pour le journal conservateur, le gouverneur paraplégique du Texas pourrait bien devenir une figure majeure du Parti républicain grâce à ses idées proches de celles de Donald Trump. Depuis plusieurs mois, le sexagénaire s’applique à faire du Texas un “lieu de rêve pour les partisans de Trump”

Sur l’immigration, Greg Abbott a annoncé en juin qu’il allait relancer la construction du mur promis par Donald Trump à la frontière sud des États-Unis, qui a été abandonnée par l’administration Biden. Il s’est aussi prononcé en faveur du port d’armes à feu sans permis et de plusieurs lois restreignant les droits des personnes transgenres. Il a par ailleurs approuvé une mesure interdisant l’avortement à partir du “premier battement de cœur du fœtus”, sans exception possible pour les femmes victimes de viol ou d’inceste.

“Pour Greg Abbott, qui devra faire face à au moins un adversaire républicain à sa droite lors de la primaire pour le poste de gouverneur l’année prochaine, prêter allégeance à Donald Trump présente peu d’inconvénients”, affirme le journal new-yorkais. Les deux hommes se sont rencontrés la semaine dernière, non loin de la frontière avec le Mexique, afin de mettre en avant les problèmes qu’ils jugent liés à l’immigration. “Le président Biden a renoncé à son devoir, son devoir qu’il avait juré d’accomplir, celui de suivre et d’appliquer les lois rédigées par le Congrès sur les politiques d’immigration”, a assuré l’homme politique texan, surnommé “Texas ranger” par le Washington Examiner. “Les Texans à la frontière endurent une véritable crise humanitaire.”

Le gouverneur américain soutient aussi une loi [texane] encore inachevée, qui risque de restreindre le vote des électeurs démocrates”. La mesure – qui pourrait être adoptée avant la fin de son mandat – est très critiquée par les démocrates, qui s’estiment lésés. Les républicains y voient une manière de lutter contre la fraude électorale.

Un combat acharné contre les démocrates

Abbott a l’habitude d’être un combattant antidémocrate”. Avant d’être élu en 2014, celui qui était alors procureur général du Texas a mené plusieurs dizaines d’actions en justice contre l’administration Obama. “Je vais au bureau, je porte plainte contre Barack Obama et je rentre chez moi”, résumait-il avec humour à l’époque. L’homme de 63 ans est toujours guidé par le souci du détail propre à l’ancien avocat plaidant qu’il était. Un atout qu’il pourrait utiliser pour se faire réélire ou pour briguer la présidence des États-Unis en 2024.

Greg Abbott conjugue en lui à la fois la capacité de prendre des décisions de manière méthodique et de proposer des programmes populaires de grande envergure, comme la construction d’un mur à la frontière du pays. Il pourrait donc incarner le mélange parfait des deux mondes pour les républicains qui ont aimé les mesures politiques de Donald Trump, mais ont détesté l’attitude grossière et souvent réactionnaire de celui-ci.”

Mais le chemin reste semé d’embûches, note l’hebdomadaire conservateur. Le gouverneur du Texas a notamment été critiqué pour sa gestion des vagues de froid extrême qui ont touché le Lone Star State en début d’année et ont provoqué de massives pannes d’électricité. Les mesures mises en place pendant la pandémie de Covid-19 – l’obligation de porter le masque au plus fort de la crise sanitaire, puis la levée des restrictions début mars – sont aussi mises en cause par ses détracteurs.

L’équipe du républicain ne s’est pas exprimée sur d’éventuelles ambitions présidentielles. Pour l’instant, le gouverneur du Texas se concentre sur sa réélection en 2022, et sur “la lutte contre le socialisme” dans le Lone Star State.

The New Yorker