Tim Burton accusé de racisme dans le traitement des personnages noirs de sa série Netflix “Mercredi”

Si Netflix et Tim Burton étaient critiqués pour le queerbaiting dans la promotion de la série Mercredi, le public reproche aujourd’hui à Tim Burton le manque de diversité de son casting et la vision manichéenne de celui-ci.

Mercredi Addams n’en finit pas de faire parler d’elle. Alors que la série a explosé tous les records d’audience sur la plateforme, jusqu’à devenir la série la plus regardée en une semaine devant Stranger Things, voici qu’elle fait face à une nouvelle polémique. Il y a quelques jours déjà, le géant américain était en effet accusé de queerbaiting, puis d’homophobie après avoir censuré de nombreux commentaires de fans faisant allusion à une prétendue romance entre deux personnages du show, Mercredi Addams et Enid Sinclair. Aujourd’hui, c’est de racisme dont est accusé le producteur de la série – une accusation qui n’est d’ailleurs pas nouvelle.

Une représentation manichéenne des personnages noirs

De toutes les œuvres de Tim Burton, il semblerait que Jenna Ortega, d’origine mexicaine et portoricaine, soit la première actrice à obtenir le premier rôle alors qu’elle n’est pas blanche. Cependant, ce n’est pas ce point que le public pointe du doigt. Deux acteur·ices en particulier soulèvent un point important concernant la représentation : Joy Sunday et Iman Marson. Joy Sunday, actrice noire qui interprète le personnage de Bianca, est représentée comme l’archétype de la méchante – une sirène, qui tente d’envoûter son propre petit ami.

Iman Marson, autre acteur noir de la série, ne joue pas un élève du pensionnat Nevermore, mais interprète Lucas Wilson, une petite brute “normie”, soit un humain non marginal, sans pouvoir. Ce dernier est le fils du maire – corrompu –, qui est également à la tête d’un parc d’attraction, Pilgrim World, qui retrace l’histoire des pèlerins et des colons – une communauté qui n’était pas vraiment la plus tendre avec les personnes de couleur et surtout les Indiens, comme en témoigne la tradition américaine de Thanksgiving. Les représentants de Tim Burton ont refusé de répondre à ces commentaires.

Une critique qui refait surface

Ce n’est pas la première fois que Tim Burton est accusé de racisme. En 2016, à l’occasion de la sortie du film Miss Peregrine et les enfants particuliers, l’acteur Samuel L. Jackson avait dit être le premier acteur noir à avoir un rôle important dans un film du célèbre réalisateur. Ce à quoi le cinéaste avait répondu dans une interview à Bustle : “Aujourd’hui, les gens en parlent plus. Mais soit on a besoin d’avoir de la diversité, soit on n’en a pas besoin”. Avant de continuer et de parler de “politiquement correct” : “Je me rappelle quand j’étais enfant et que je regardais The Brady Bunch et qu’ils ont voulu être politiquement corrects. Genre, okay, on peut avoir un enfant asiatique et un noir. Ça, ça me posait plus problème que d’autres choses…”.

Déjà dans Miss Peregrine et les enfants particuliers, si Samuel L. Jackson interprétait un rôle important, il jouait le Baron, dont le but était de tuer les enfants. L’acteur avait précisé avoir voulu jouer dans le film même après avoir remarqué le manque de diversité dans l’œuvre de Tim Burton, justement parce qu’il ne pouvait penser à aucun autre acteur de couleur dans ses films.

The New York Post