Touchée par une maladie génétique rare, une fillette de 9 ans menacée d’expulsion

Le tribunal administratif doit se pencher sur le cas de Lizi, 9 ans, touchée par une maladie génétique rare l’astreignant à un lourd suivi médical. La jeune fille, sa sœur et ses parents, d’origines géorgiennes et hébergés à Pompey, sont sous le coup d’une procédure d’expulsion. Des bénévoles se mobilisent.

Lizi souffre d’une pathologie génétique lui imposant un suivi médical à vie. Un éventuel retour en Géorgie inquiète les bénévoles de RESF.  DR

Partis de leur Géorgie natale, ces parents et leurs deux petites filles sont arrivés en France en juin 2018, pour soigner Lizi : l’aînée, alors âgée de 6 ans, souffrant -depuis sa naissance- de dysplasie, soit des troubles du développement. Des examens approfondis réalisés au CHRU Nancy révéleront finalement qu’elle est atteinte du syndrome de Vivo, une maladie génétique rare et évolutive, nécessitant un traitement et un suivi à vie.

Hébergée avec sa famille au CADA de Pompey (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile) depuis juillet 2018, Lizi -qui fêtera ses 10 ans en novembre-, « a 3 ans d’âge mental, et de graves problèmes d’hypotonie et de motricité qui font par exemple qu’elle est incapable de monter ou descendre des escaliers. Ses pertes d’équilibre peuvent la faire chuter, et elle a besoin d’un régime alimentaire spécifique », soulignent ces bénévoles militants du Réseau Éducation Sans Frontière, qui se mobilisent pour elle. Et viennent de lancer une pétition sur le site internet change.org : car Lizi, sa sœur et ses parents font l’objet d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français), synonyme d’expulsion.

« Dans l’intérêt supérieur de l’enfant »

Scolarisée à Frouard en classe spécialisée ULIS (Unité localisée d’inclusion scolaire) depuis novembre 2020, suivi par divers médecins de ville et du CHRU, la jeune fille a été reconnue « personne handicapée » par les instances départementales ad hoc, ses parents percevant d’ailleurs à ce titre une allocation d’éducation à l’enfant handicapé. Malgré tout, l’OQTF est tombée. « Leur demande de titre de séjour a été refusée, la Préfecture ayant traîné les pieds, et ils ont été déboutés de leur demande d’asile », déplore Me Brigitte Jeannot, qui plaidera la cause de la famille géorgienne devant le Tribunal administratif de Nancy.

L’avocate ne le cache pas : vu son état de santé, Lizi aurait tout à craindre d’un retour dans son pays natal. « Il s’agit là d’une pathologie lourde, qui n’avait pas été détectée là-bas, et qui ne pourra pas être prise en charge correctement en Géorgie ! Il est donc dans l’intérêt supérieur de l’enfant qu’elle continue à pouvoir bénéficier d’un traitement adapté », souligne le conseil. « Lizi fait des progrès ici, mais ils sont fragiles. »

Le dossier de Lizi et de sa famille devait être abordé par les juges administratifs « dans les trois mois qui viennent », estime Me Jeannot.

L’EST RÉPUBLICAIN