Toulouse : Face à une OQTF, une école soutient Amal, une Algérienne mère de cinq filles, « Les enfants se sont habituées, ils ont tout le temps peur de sortir, on veut vivre normalement »

Amal, âgée de 40 ans, est maman de cinq filles, dont deux sont scolarisées à l’école Pierre et Marie Curie. Originaire d’Algérie, elle est arrivée seule en France en 2016, souffrant d’une maladie de Crohn « mal soignée dans mon pays ». Avec l’une de ses filles, la plus âgée « qui a eu le baccalauréat en 2018 avec mention », elle fait actuellement l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) délivrée par la préfecture de la Haute-Garonne. Un drame pour Amal qui souhaite s’installer à Toulouse, « pour trouver un travail, un logement décent, et sortir sans avoir peur de se faire arrêter par la police », confie-t-elle.

Ce mercredi matin, le réseau éducation sans frontières (RESF) et le conseil local FCPE ont invité les parents d’élèves a signé une pétition pour défendre la situation d’Amal, autour d’un « café pédagogique » dans le cadre de la campagne de sensibilisation #DeconfinonsLeursDroits. Un petit-déjeuner solidaire s’est déroulé ce mercredi matin, devant l’école Marie et Pierre Curie de Toulouse, à l’initiative de RESF (réseau éducation sans frontières) pour soutenir deux familles en grande précarité et menacées d’expulsion, dont les enfants sont scolarisés dans l’établissement.

Des dizaines de familles en attente d’une régularisation

La situation d’Amal est à l’image de nombreuses familles dans l’attente d’une régularisation dont les enfants sont scolarisés dans des dizaines d’écoles à Toulouse. Il s’agit souvent, rappelle Annie Latapie (RESF), de « familles qui sont là depuis près de dix ans. On accompagne actuellement dix familles dans cette situation, avec des enfants à l’école, au collège, lycée, qui n’ont toujours pas de droits d’accès au travail, au logement. On demande à la préfecture de réexaminer les situations, mais la pandémie a compliqué les choses ».

Depuis cinq ans à Toulouse, Amal et ses filles se sont habituées. Elle raconte :

« Les enfants se sont habituées, ajoute-t-elle, ma grande fille a le bac avec mention bien, la deuxième le diplôme national du brevet avec mention. La grande a choisi de faire des études de chimie en BTS, elle a toujours 18 sur 20. Pour le moment, j’ai reçu un refus de la préfecture à qui j’ai fait mes demandes de régularisation. Mon dernier espoir, c’est cette pétition. Mes enfants ont tout le temps peur de sortir, on veut vivre normalement. Nous sommes aussi beaucoup soutenues par les associations, les enseignants du lycée Déodat de Séverac. »

Les militants de RESF, qui ont commencé leur campagne de sensibilisation en novembre 2020, multiplient les cafés pédagogiques : récemment dans les écoles Marengo, Matabiau, Ernest Renan, Clément Falcucci, Georges Hyon, Sylvain Dauriac, etc. Ils réclament « l’arrêt des expulsions et la régularisation des sans-papiers ».

La Dépêche