Toulouse : Quatre vendeurs de pâtisseries orientales accusent une exposante de racisme et de racket sur le marché du Salin

Par Hocine Zaoui

C’est la fin de l’omerta. Depuis plusieurs mois, certains commerçants du marché du Salin se plaignent des propos et des agissements d’une exposante. “On ne m’avait jamais traitée de sale arabe“, confie une pâtissière orientale qui a souhaité garder l’anonymat. En novembre 2019, au marché Croix de Pierre, elle aurait été victime de racisme par une commerçante qui expose, comme elle, au marché du Salin.

Choquée, la pâtissière écrit à la mairie de Toulouse. La commerçante qui aurait tenu ces propos reçoit un avertissement. “Je ne l’ai jamais insultée. On s’est pris le bec par rapport à la vente d’un produit“, raconte-t-elle. Depuis, la pâtissière assure que “l’exposante fait tout pour l’évincer du marché“. “Elle a réussi à faire venir des concurrents pour que je travaille moins“, ajoute-t-elle.

Une autre commerçante a confirmé : “Elle a insisté pour que je commence à vendre des pâtisseries similaires. Je n’ai pas voulu et nos rapports sont devenus tendus“. En octobre, un autre vendeur de pâtisseries orientales s’installe tôt le matin sur le marché du Salin. L’exposante lui aurait proposé de “venir travailler“. “Elle m’a demandé des dizaines de gâteaux pour qu’elle teste la marchandise. Elle s’est fait passer pour la responsable du marché. J’y ai cru, naïvement“, dénonce-t-il.

Une plainte et des lettres

Le commerçant n’est pas au courant de la concurrence présente sur le marché. “Elle m’a racketté pour une place que je n’ai finalement obtenue qu’une matinée“. L’exposante qui lui aurait proposé de venir dément : “Je n’aime pas ce genre de pâtisseries. Il m’en a offert une fois à la fin de sa matinée de travail sur la place du Salin pour me remercier“.

Pourtant, dans un SMS, elle lui demande de dire “que ce n’est pas elle qui lui a permis de s’installer mais la mairie“. Elle raconte que “c’était pour que personne ne le mette dehors“. Pour l’exposante, “ce sont des Maghrébins qui foutent le bordel et dénigrent les Français“.

La semaine dernière, un autre commerçant du marché du Salin a porté plainte contre cette exposante pour “injure raciale et racket“. “Elle m’a insulté de sale bougnoule au téléphone. De plus, elle me rackettait depuis des années. Je ne pouvais pas me plaindre, j’avais peur pour ma place sur le marché“, glisse-t-il. Un “échange de bons procédés, rien de plus“, d’après l’exposante mise en cause.

Des lettres ont été envoyées à la mairie de Toulouse pour signaler son comportement. La mairie indique qu’elle “lira attentivement les lettres des commerçants et que le racisme et le racket ne seront jamais tolérés“.

La Dépêche