Tréboul (29) : Mobilisation pour Boubou, un lycéen malien carreleur, maçon, menuisier et charpentier, menacé d’expulsion

En stage aux Charpentiers de Cornouaille pour son CAP, Boubou Konté est sous la menace d’une expulsion du territoire français. Prête à l’embaucher, l’entreprise de Douarnenez se mobilise, comme son lycée.

…Rodolphe Bielinski, chef d’atelier des Charpentiers de Cornouaille, situés place Victor-Salez, sur le port de Tréboul, dit son incompréhension face à la situation administrative que vit son stagiaire, Boubou Konté.

Il est arrivé en février 2016 de son Mali natal et suit, depuis 2017, sa scolarité au lycée professionnel du bâtiment de Pleyben. Après deux premiers CAP (carreleur et maçon), il s’est orienté vers la menuiserie. Pose de charpente, agencement d’escalier, réalisation de parquet ou travail sur les bateaux… Le jeune homme s’épanouit […].

« J’espère bien poursuivre ma formation avec un Brevet professionnel par apprentissage, toujours à Tréboul, mais il y a maintenant un gros problème », complète Boubou Konté. Le 28 avril, il a reçu de la préfecture une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), après le refus de délivrance d’un titre de séjour. Un recours a été déposé, un avocat trouvé et les soutiens se mobilisent pour appuyer son dossier qui sera examiné en juin […].

« Il compte de nombreux amis au sein du lycée, participe à des causes humanitaires, a fait de gros efforts pour s’intégrer et tous ses professeurs soulignent son parcours exemplaire, ses aptitudes et son envie d’avancer : tout ne peut pas s’arrêter comme cela », appuie Sébastien Rannou, du comité de soutien qui s’est constitué […].

C’est que le jeune charpentier projette sa vie dans cette Bretagne qui l’a accueilli. « Tous ces soutiens donnent de l’espoir, je veux tant rester ici », souffle-t-il, lui qui habite à Quimper, se levant chaque jour à 6 h pour prendre le car vers Douarnenez ou Pleyben. « Oh mais il ne s’en plaint jamais, au contraire, il bosse dur, je veux qu’il continue à nos côtés », lance le chef d’atelier. Il l’a vu à l’œuvre sur des chantiers délicats comme le château du Guilguiffin, à Landudec. À l’aise avec le bois, c’est maintenant de papiers dont a besoin Boubou Konté.

Le Télégramme