Paris : un brigadier-chef alerte sur un système de maltraitance raciste au sein du TGI (Màj)

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Addendum du 28/07/2020

Le brigadier-chef Amar Benmohamed a dénoncé des insultes et des actes de maltraitances commis par des collègues travaillant au sein du dépôt du tribunal de grande instance de Paris.

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27/07/2020

Dans une enquête publiée ce lundi sur le site «Streetpress», un policier révèle à visage découvert des centaines de cas de maltraitance et de propos racistes dans les cellules du tribunal de Paris.

«Ferme ta gueule, va mourir, espèce de sale bougnoule», «je ne donne pas à boire aux négros» ou encore «si on me laissait faire, je mettrais le feu à toutes ces merguez». A partir du témoignage inédit et à visage découvert du brigadier-chef Amar Benmohamed, également officier de police judiciaire, et de centaines de documents internes, le site d’information Streetpress a révélé ce lundi un système de maltraitance raciste dans les cellules du tribunal de Paris. Des cas qui se déroulent au dépôt du tribunal judiciaire de Paris, porte de Clichy, mais qui avaient également déjà lieu dans les sous-sols de l’ancien palais de justice situé sur l’île de la Cité. «Au total, sur un peu plus de deux ans, plus de mille prévenus ont été maltraités. C’est même sans doute plus», dénonce le brigadier-chef et responsable de l’unité de transfèrement nuit (UTN) Benmohamed à Streetpress.

Inaction des supérieurs hiérarchiques

Les auteurs des faits sont des recrues sorties d’école de police. Après trois ans passés à rapporter ces dérives à sa hiérarchie qui a étouffé l’affaire, le brigadier-chef a décidé de rendre public ce climat d’impunité qui se déroule au sein du dépôt du tribunal, rebaptisé compagnie de Gare de la zone d’attente (CGZA). Dans la nuit du 12 mars 2019, face à un détenu qui demande un repas sans porc, une gardienne de la paix en poste dans les sous-sols du tribunal lui répond : «Tu prendras ce qu’on te donnera. On en a marre des bougnoules, c’est eux qui nous font chier en France.»

Face à l’inaction de ses supérieurs, le brigadier-chef annonce vouloir alerter les magistrats pour les informer des délits commis dans leur tribunal. Il rédige finalement un rapport à sa hiérarchie, qu’il prend soin d’envoyer à d’autres officiers. De quoi provoquer une réunion de crise. Ses supérieurs lui donnent l’ordre de ne pas ébruiter l’affaire. On lui dit «qu’il a bien fait», «que tout va changer», mais on lui promet aussi «des problèmes» s’il prévient un juge. Car Amar Benmohamed dérange. Dans un document destiné à l’IGPN révélé par le site d’information, un haut gradé s’attaque au brigadier-chef en dénonçant un «manque de loyauté» et une «méfiance viscérale envers la hiérarchie du service», qui dénotent un «état d’esprit qu’il convient de dénoncer». A Streetpress, la présidence du tribunal confirme qu’elle n’a pas connaissance des faits évoqués.

Harcèlement et racisme entre collègues

Dans son témoignage, le brigadier-chef évoque également des repas froids jetés à terre en cellule, des agents qui se vantent d’avoir craché dans les plats des détenus et des insultes homophobes. Il y fait également état de détenus «privés de nourriture durant plusieurs heures voire même durant la nuit entière», de refus «pur et simple» de remise d’un gobelet plastique permettant au déféré de boire dans un verre, les lavabos des cellules ne permettant pas de s’abreuver au robinet. L’enquête du site met également en lumière des situations problématiques entre collègues tels que des faits de harcèlement sexuel et moral, des insultes racistes.

Depuis son rapport, Amar Benmohamed est victime de harcèlement de la part de ses collègues et de sa hiérarchie. Selon Streetpress, depuis 2017, ces faits ont fait l’objet de plusieurs rapports. Au moins trois enquêtes distinctes sont menées par l’IGPN à ce sujet. Aucune sanction n’a encore été prise et la justice n’a pas été saisie. Pire, les agents mis en cause ont vu leur carrière progresser et leurs demandes de mutation acceptées.

Libération

7 Commentaires

  1. “le site d’information Streetpress a révélé ce lundi un système de maltraitance raciste dans les cellules du tribunal de Paris. ”

    Ha oui d’accord, trés engagé et pas neutre du tout,genre acab..

  2. Il oublie de citer les insultes que les racailles balancent aux flics… Qui auraient valu, il y a quelques années, une inculpation pour outrage…
    Normal de s’énerver un peu.

  3. “Il y fait également état de détenus «privés de nourriture durant plusieurs heures voire même durant la nuit entière”.
    Parce que normalement, on passe ses jours et surtout ses nuits à bouffer?

  4. Mais oui bien sûr,il faudrait creuser voir pour qui roule ce keuf..c’est sa parole sans preuves concrétes..

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