Turquie : La monnaie s’effondre

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Il faut désormais plus de 8 livres turques pour acheter un dollar. Cette dégringolade aggrave la crise économique, le pays étant largement dépendant du billet vert pour le remboursement de sa dette, notamment.

La monnaie s’est dévalorisée de 25 % cette année, ce qui fait de la livre turque la “deuxième monnaie la plus faible au niveau international après le réal brésilien”. Elle a perdu 85 % de sa valeur par rapport au dollar depuis la crise financière.

La crise sanitaire internationale, les conflits avec la Grèce et d’autres pays de la région mais aussi “l’aggravation du fossé entre la Turquie et la France” expliquent le désamour des investisseurs étrangers, selon le quotidien allemand. Et la décision de sa Banque centrale la semaine dernière n’a pas aidé.

Il y a deux semaines encore, sa politique visait à augmenter progressivement les taux d’intérêt – en dépit de l’appel du président Recep Tayyip Erdogan à faire exactement l’inverse afin de stimuler l’économie nationale.

“Rouge écarlate”

Maisle 22 octobre, “contrairement aux attentes, la Banque centrale n’a pas augmenté les taux”, écrit le quotidien Sözcü, qui cite Timothy Ash, analyste à BlueBay Asset Management : “De nombreux investisseurs étrangers qui attendaient un feu vert [pour placer leur argent en Turquie] ont vu avec cette décision un rouge écarlate.” Dans la foulée, la livre a plongé “de plus de 2 %”.

La Turquie a dû utiliser ses réserves “plus rapidement que tout autre pays émergent” pour soutenir sa monnaie – “en grande partie sans succès”.

Dépendance énergétique

Cette dégringolade est une source de gros problèmes pour Ankara non seulement parce qu’elle crée de l’inflation mais aussi parce que la dette publique et privée du pays est libellée en dollars. La Turquie doit rembourser cette année 128 de ses 421 milliards de dollars de dette extérieure. La moindre hausse relative du billet vert se répercute donc durement sur le montant de ces paiements, explique le média en ligne turc Gazete Duvar.

À cela s’ajoute la dépendance énergétique du pays : ses achats dans ce domaine se font en dollars, poursuit Gazete Duvar. De manière générale, la Turquie est très dépendante, pour sa propre production, d’importations payées en devises étrangères.

Frankfurter Allgemeine Zeitung

10 Commentaires

  1. Qui se souvient de l’arnaque de 2005?

    Avec ses 26 millimètres de diamètre et ses 8,52 grammes, la nouvelle pièce de 1 livre turque est presque la soeur jumelle de la pièce de 2 euros : en moyenne, la différence est d’à peine un quart de millimètre et de 50 milligrammes. Mais, au cours actuel, la livre turque, mise en circulation en janvier 2005, vaut 61 centimes.

    Cette troublante ressemblance devient un problème pour l’Europe, car de nombreux voyageurs apportent des pièces turques dans la zone euro et les écoulent discrètement : d’innombrables distributeurs acceptent la livre turque et rendent la monnaie en vrais euros.

    Un trafic organisé s’est rapidement installé. Michel Prieur, directeur de la société de numismatique parisienne CGB, suit l’affaire : “Dès l’été 2005, des collègues turcs nous ont informés qu’il y avait une prime sur les pièces de 1 livre : au lieu de s’en servir pour leurs achats, les gens les conservent, puis les revendent un peu au-dessus de leur valeur officielle à des voyageurs en partance pour l’Europe.”

    https://www.lemonde.fr/europe/article/2006/04/05/une-livre-turque-pese-2-euros_758372_3214.html#:~:text=Avec%20ses%2026%20millim%C3%A8tres%20de,la%20pi%C3%A8ce%20de%202%20euros.

  2. L’inflation en Turquie…

    Il est tard, je vais aller dormir, mais si mes souvenirs sont bons, je dois avoir en stock de la pièce d’une Lira, jusqu’à un billet de 20 000 000, oui oui 20 millions, de quoi se payer deux cafés vers… l’an 2000 ou à peu près.

    L’inflation en Turquie, c’est monnaie courante 😉

    Le problème c’est le $, monnaie de singe qui fait encore la loi.

    • monnaie de singe, mais qui constitue une référence mondiale. L’économie mondiale a besoin de référence, si possible non variable, tout comme les sciences ont besoin d’unités de référence comme le mètre, le kg, la sec etc…
      Et le $ n’est pas encore pret à céder sa place de référence mondiale. Biden ou Trump à la tete des USA, peu importe, les US resteront numéro 1 dans le monde pendant au moins vingt ans.

      • Oui.
        Je me souviens d’août 1971, panique générale, nous étions entourés de touristes désespérés, personne ne voulait plus de leur argent, à ce moment-là tout le monde ou presque voyageait avec que ça dans les fouilles.

        Et ma mère qui disait à mon père, achète, achète leurs $, jamais les USA ne laisseront disparaître leur monnaie comme ça. Elle avait raison.

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