Twitter réduit Donald Trump au silence : Décision légitime ou atteinte à la liberté d’expression?

La suppression définitive du compte personnel du président Donald Trump sur Twitter, survenue deux jours après l’assaut contre le Capitole, a provoqué sur la plateforme une avalanche de commentaires. Le débat fait rage.

La polémique enfle, deux jours après l’annonce par Twitter de la suppression définitive du compte personnel du président Donald Trump. L’ancienne ambassadrice de Trump à l’ONU, Nikki Haley, est ainsi montée au créneau au lendemain de cette décision pour déclarer que ‘‘réduire les gens au silence de la sorte est quelque chose qui se passe en Chine, pas dans notre pays’’.

Le fils du président, Donald Trump Jr, a renchéri : ‘‘La liberté d’expression n’existe plus en Amérique”. Une déclaration qui a provoqué, entre beaucoup d’autres, ce gazouillis ironique d’une internaute nommée Kat : ‘‘OUAIS ! Je ne pense pas qu’il soit juste de suspendre Trump de Twitter alors qu’il n’a fait que tenter d’inciter à une guerre civile’’.

Twitter s’est défendu en affirmant avoir indiqué il y a des années que ‘‘ces comptes ne sont pas au-dessus de nos règles et ne peuvent pas utiliser Twitter pour inciter à la violence’’. Or, ‘‘l’action extraordinaire de Twitter [à l’encontre du compte @realDonaldTrump’]’ était également justifiée par le risque d’une nouvelle attaque “contre le Capitole américain et les installations gouvernementales de l’État, le week-end prochain’’.

Le débat, oppose d’un côté les républicains, qui crient à la censure, et les démocrates, qui évoquent le droit de la compagnie d’avoir pris une décision ‘‘souhaitable depuis longtemps’’.

‘‘Les entreprises de médias sociaux telles que Twitter ont le droit de décider de ce qui apparaît sur leurs plates-formes et de fixer des normes pour un contenu approprié, le droit à la liberté d’expression du premier amendement de la Constitution américaine empêche les gouvernements d’étouffer la liberté d’expression et ne s’applique pas aux entreprises privées.” Pourtant dans leur quête incessante d’engagement et de profits, ces plateformes ont créé des algorithmes qui amplifient les discours de haine, la désinformation et les théories du complot.

Nous avons besoin de politiques globales de protection de la vie privée pour tous’’. ‘‘L’érosion des filtres traditionnels de l’’establishment” – d’abord par le courrier postal, puis par les débats radiophoniques,et le télégramme, et, de façon encore plus significative, par les réseaux sociaux – a été un facteur primordial pour la montée de puissants mouvements idéologiques,tant à droite qu’à gauche’’. C’est ce processus qui pour ce média a rendu possible l’élection et la présidence de Trump, et la décision de Twitter de le bannir de son site est à cet égard un moment marquant, même si l’on ignore ‘‘les conséquences qui en découleront’’.

Où ira Trump ?

Donald Trump a fait savoir dans un communiqué vendredi 8 janvier qu’il était en train de négocier avec d’autres sites et a promis “une grande annonce bientôt”. Déménagera-t-il sur le “Trumpnet”, comme on surnomme la galaxie des réseaux sociaux qui lui sont favorables comme Parler, une plateforme qui a entre-temps été supprimée de l’AppStore, ou encore Rumble, MeWe ou DLive.

Au cours des quatre dernières années, une petite constellation de nouveaux sites de médias sociaux et de plates-formes web a trouvé grâce auprès des partisans de la droite politique”, qui y voient une façon d’échapper aux “politiques de plus en plus strictes de Facebook et de Twitter contre les discours de haine et la rhétorique de la violences“.

The Washington Post