Un baptème républicain pour mettre fin au calvaire de Zenobita, déboutée du droit d’asile

Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis février 2021, la Congolaise Jeanine Maganga, alias Zenobita, était torturée dans son pays. Elle vient de faire l’objet d’un baptême républicain à l’initiative des communistes parisiens engagés pour sa régularisation. PORTRAIT

« Je mets de côté celle que j’étais avant, celle qui a été rejetée, battue, abandonnée, violée. Aujourd’hui, je suis une militante en train de se reconstruire au sein de sa nouvelle famille, parmi ses amis et ses camarades. » Ce dimanche 20 juin, sa voix déborde encore d’émotion pour exprimer son infinie reconnaissance aux militants du Parti communiste français (PCF) qui ont organisé, la veille, son baptême républicain.

Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis février 2021, Jeanine Maganga, alias Zenobita, risque à tout moment d’être expulsée vers la République démocratique du Congo. Pays qu’elle a fui en décembre 2018 pour échapper à la torture et aux viols infligés par les forces de sécurité suite à son implication dans des manifestations contre la corruption et l’absence de démocratie.

Après plusieurs tentatives de suicide en France, traumatisée par une vie de violence, et bien que le tribunal administratif (TA) de Paris ait rejeté, en mai dernier, la demande d’annulation de son OQTF, Zenobita est plus que jamais une combattante. « Je veux travailler ici, payer mes impôts ici et pouvoir continuer à me battre pour les autres, insiste-t-elle.  Je veux être utile à cette société et ouvrir les yeux des gens sur ce qu’il se passe dans les pays africains ravagés par le capitalisme. »

À 7 ans, dans les mines de cuivre

La force de son engagement, elle la puise aujourd’hui dans le soutien d’un de ses parrains, Daniel Duclos, et dans une vie marquée, depuis son enfance, par la violence. Née à Kinshasa, le 16 août 1990, Zenobita est très rapidement privée de son père. Militaire sous le régime de Mobutu, il disparaît à l’accession au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila. Peu de temps après, sa mère est violée et assassinée par les groupes armés maï-maï. La petite Jeanine est alors confiée, avec son jeune demi-frère,

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L’Humanité