Un policier de la Bac filmé en train de proférer des injures racistes

Une enquête administrative et une autre, confiée à l’inspection générale de la police nationale, doivent faire toute la lumière sur les circonstances dans lesquelles des propos particulièrement outranciers ont été échangés entre ce policier grenoblois et l’homme qui a filmé la scène avant de la poster sur les réseaux sociaux.

C’est une vidéo de quinze secondes qui circule sur les réseaux sociaux depuis dimanche et sur laquelle on peut voir une voiture banalisée à l’arrêt, dont les vitres sont baissées, et à bord de laquelle se trouvent plusieurs hommes. En l’occurrence des policiers de la brigade anticriminalité (Bac) de Grenoble (38). Et plus précisément de la Bac nuit.

Le passager avant se met alors à crier des insultes, dont une à caractère raciste, en direction de l’homme qui filme et qui lui répond par des menaces et des propos d’une rare vulgarité, en l’apostrophant par son prénom. Une scène de nuit qui aurait été tournée samedi soir à Grenoble, sans que l’heure ni l’adresse ne soient mentionnées.

En incrustation dans l’image on peut cependant lire ces commentaires : « l’abus d’alcool c’est pas bon » ; « Bac 38 » ; « Samedi soir à Grenoble ».

Interrogée sur ces images, la contrôleuse générale Fabienne Lewandowski, directrice départementale de la sécurité publique (DDSP) de l’Isère, a confirmé que le policier en cause était parfaitement identifiable et « les propos tenus clairement audibles, donc ni contestés, ni contestables. Et on ne peut évidemment que les désapprouver puisqu’ils vont à l’encontre de ce qu’on peut attendre d’un policier en termes de déontologie et d’exemplarité ».

Le policier a d’ores et déjà dit regretter les propos tenus

Une enquête administrative a d’ores et déjà été ouverte « afin d’établir ce qu’il s’est passé pour qu’on en arrive à un tel échange », a-t-elle ajouté en précisant qu’« il s’agit d’éclaircir le contexte dans lequel cette scène s’est déroulée. Car, même s’il ne s’agit pas de nier les faits, ces derniers ne reflètent absolument pas le parcours professionnel de ce policier ni son attitude au quotidien ».

Un policier qui travaille au sein de la Bac nuit de Grenoble depuis plusieurs dizaines d’années, « connu pour être excellent dans son travail, qu’il exerce dans des quartiers particulièrement difficiles et de nuit de surcroît », a-t-elle insisté. Un policier qu’elle qualifie d’« expérimenté, compétent, sérieux et reconnu ».

Le procureur de la République de Grenoble, Éric Vaillant, a pour sa part indiqué qu’il avait ouvert une enquête, confiée à l’antenne lyonnaise de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), pour « injures publiques par personne dépositaire de l’autorité publique ».

Des faits passibles de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, a-t-il rappelé, en précisant que « le policier (avait) d’ores et déjà reconnu les faits auprès de sa hiérarchie et indiqué qu’il regrettait les propos tenus ».

Le Dauphiné