Un prédicateur libyen est accusé de discrimination raciale à Bienne

L’imam biennois qui prêchait la haine a été mis en accusation / Le 12h30 / 1 min. / aujourd’hui à 12:34

Un ancien imam controversé devra répondre de discrimination raciale devant la justice bernoise. Agé de 68 ans, cet homme aurait lancé des appels à la haine lors d’un sermon dans une mosquée de Bienne. Il devra aussi répondre d’escroquerie.

La procédure pénale avait été ouverte à la suite d’une dénonciation accusant Abu Ramadan d’avoir tenu des propos haineux envers des personnes de certaines ethnies et religions, notamment les juifs, les chrétiens et les chiites le 7 juillet 2017. L’homme est aussi accusé d’escroquerie commise à plusieurs reprises, a relevé mercredi le Ministère public régional Jura bernois-Seeland.

La date du procès devant le Tribunal régional n’a toutefois pas encore été fixée. Ce ressortissant libyen qui a perdu son statut de réfugié au bénéfice d’un permis C risque d’être expulsé de Suisse s’il est reconnu coupable.

Une traduction qui ralenti la procédure pénale

Il aura fallu du temps pour établir l’accusation de discrimination raciale. Un expert a dû traduire le sermon d’arabe en allemand et une expertise supplémentaire a été nécessaire pour interpréter les propos traduits, a expliqué mercredi le Ministère public régional Jura bernois-Seeland. Compte tenu de ces éléments, l’accusation estime qu’il est avéré que ce sexagénaire a exprimé à de réitérées reprises le souhait d’éradiquer certaines personnes.

Quelques mois après le sermon controversé, ce prédicateur avait contesté dans la presse avoir tenu des propos haineux. Il avait alors affirmé n’avoir jamais prié Allah “d’anéantir les ennemis de l’islam”. Ses citations auraient été mal traduites.

Escroquerie et abus à l’aide sociale

L’homme doit aussi répondre d’escroquerie commise à plusieurs reprises. Ce chef d’accusation est fondé sur une enquête vaste et complexe intervenue à la suite de la dénonciation des autorités de Nidau, sa commune de domicile. Le prédicateur s’est enrichi par le biais de l’aide sociale, selon le Ministère public.

Le prévenu avait indiqué à la commune qu’il n’avait pas de revenu ni de fortune. Or l’examen de documents et les auditions de tiers ont révélé qu’il organisait des voyages. Cette activité lui rapportait en partie un revenu, auquel il renonçait parfois. Ce Libyen est donc accusé d’enrichissement illégitime par le biais de l’aide sociale.

RTS