Une école canadienne purge les livres publiés avant 2008 par souci d’ « inclusivité »

Dans le but d’être plus « inclusif », un conseil scolaire canadien de Mississauga, en Ontario, a décidé de purger sa bibliothèque de tous les livres publiés avant l’année 2008.

Reina Takata, élève de Seconde, a pris cette photo des étagères de la bibliothèque de son école secondaire de Mississauga lors de sa première semaine de rentrée scolaire cet automne. Reina Takata et d’autres s’inquiètent de l’approche apparemment incohérente du nouveau processus d’élimination des livres fondé sur l’équité mis en place par le Peel District School Board au printemps dernier. (Reina Takata)

Selon la CBC, l’école secondaire Erindale de Mississauga, en Ontario, a « brûlé » environ 50 % des livres de sa bibliothèque, y compris Harry Potter et la série Hunger Games, dans le cadre d’un nouveau « processus d’élimination des livres fondé sur l’équité » mis en œuvre par le conseil scolaire du district de Peel au début de l’année.

Le conseil insiste sur le fait qu’il suivait une directive plus large du ministre de l’éducation visant à rendre les ressources d’apprentissage plus inclusives et plus représentatives de la communauté.

Oui, une bibliothèque aux étagères vides semble très inclusive…

Des classiques comme « Le journal d’Anne Frank » et des livres pour enfants emblématiques comme « La chenille très affamée » ont également été éliminés.

Dianne Lawson, membre de Libraries not Landfills, affirme que des enseignants lui ont dit que Le journal d’une jeune fille d’Anne Frank et La chenille très affamée d’Eric Carle avaient été retirés des bibliothèques de leurs écoles dans le cadre du processus de désherbage du PDSB. (Nicole Brockbank/CBC)

Interrogé par WTF, le conseil scolaire s’est montré particulièrement évasif, refusant de dire si les livres sont retirés uniquement en fonction de leur date de publication. Sa déclaration, qui affirme que les livres sont retirés s’ils sont « endommagés, inexacts ou s’ils ne sont pas souvent consultés », n’est pas du tout vérifiée.

Reina Takata, élève de seconde d’origine japonaise, craint que cette purge de livres ne fasse disparaître des pans entiers de son patrimoine.

« Les auteurs qui ont écrit sur les camps d’internement japonais vont être effacés »

Reina Takata

Rétropédalage officiel

Face aux réactions de plus en plus vives, le ministre de l’éducation de l’Ontario, Stephen Lecce, est finalement intervenu, condamnant cette pratique comme « offensante, illogique et contre-intuitive ». Il a depuis ordonné au conseil scolaire de cesser immédiatement les retraits de livres.

Le problème le plus important ici est la tendance croissante à la surcorrection au nom du « wokisme », qui conduit souvent à la disparition de l’histoire, de la culture et d’un discours nuancé. À quel moment l’effort d’équité se transforme-t-il en une frénésie de blanchiment historique ? L’école secondaire Erindale nous a peut-être donné la réponse : lorsque vous supprimez arbitrairement 50 % de votre bibliothèque au nom de l’inclusion, vous faites probablement fausse route.

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Merci à Bill Boss