Une école propose une « fête des gens que l’on aime » plutôt qu’une fête des mères et des pères ? Oui, mais l’initiative date de 2016

Une école a décidé de célébrer la « fête des gens que l’on aime » au lieu de la fête des mères et des pères. L’initiative est largement relayée en ligne, suscitant indignation ou soutien. En réalité, le mot qui circule a été modifié et l’initiative est vieille de six ans.

« Chers parents, au vu de situations familiales délicates de certains enfants, nous avons décidé de fêter la fête des gens que l’on aime et non pas les traditionnelles fête des mères et fêtes des pères », peut-on lire sur un message diffusé sur les réseaux sociaux — LODI Franck/SIPA
  • Un mot signé de « maîtresses d’école » annonce que des élèves vont fêter la « fête des gens que l’on aime » au lieu de la fête des mères et des pères. Le message, relayé en ligne, suscite indignation ou soutien.
  • Il s’inspire d’une initiative qui s’est déroulée en 2016 en Gironde.
  • Six ans plus tard, la mère de famille qui avait pris le mot en photo dans le cahier de son fils se félicite que le mot circule encore, car celui-ci « véhicule un beau message d’amour et de tolérance », confie-t-elle.

La fête des mères et la fête des pères débaptisés à l’école ? C’est l’inquiétude qui s’exprime sur les réseaux sociaux, depuis la diffusion d’un mot présenté comme émanant de maîtresses d’école. « Chers parents, au vu de situations familiales délicates de certains enfants, nous avons décidé de fêter la ” fête des gens que l’on aime ” et non pas les traditionnelles fête des mères et fête des pères, y lit-on. Chaque enfant a donc créé deux objets qu’il offrira aux personnes de son choix. Les deux objets seront ramenés à la maison en même temps le jeudi 9 juin 2022. » Le mot est signé des « maîtresses ».

Ce message a été légèrement modifié. Le mot originel date de 2016. – Capture d’écran Twitter

Le mot a suscité le débat sur les réseaux sociaux, entre des internautes s’indignant que les deux fêtes soient « renommées », tandis que d’autres exprimaient leur soutien à cette initiative dans des messages relayés plusieurs milliers de fois. « Alors, on nous renomme toutes les autres fêtes (Noël, Pâques…), maintenant celles-ci ? », s’indigne ainsi un internaute dans un tweet qui avait été partagé plus de 3.500 fois avant d’être supprimé.

FAKE OFF

Le mot qui circule actuellement sur les réseaux sociaux est inspiré d’un mot authentique. C’est Maëva Nourry, une mère de famille et autrice de fantasy, qui l’a découvert en 2016 dans le cahier de son fils, alors scolarisé en maternelle dans une petite ville de Gironde. Elle l’a alors posté sur les réseaux sociaux. « J’avais trouvé cela super chouette comme initiative, raconte-t-elle à 20 Minutes. On est un couple de parents homme et femme, donc la fête des mères, la fête des pères, cela ne nous dérange pas. Mais tous les enfants n’ont pas cette opportunité, ils peuvent être placés ou élevés par leurs grands-parents. Il y a aussi des enfants qui ont deux papas, deux mamans. J’ai trouvé que c’était vraiment bien pour les enfants. »

Autre avantage de l’initiative, « cela laissait à mon fils la possibilité d’offrir les cadeaux à qui il voulait. Son père et moi, on a eu nos cadeaux quand même ! », plaisante-t-elle. Le projet a-t-il été renouvelé ? La jeune femme n’a pas eu d’autres enfants scolarisés dans l’école. Le rectorat n’avait pas donné suite à nos sollicitations au moment de la parution de l’article.

A l’époque, le mot avait été relayé dans plusieurs médias – dont 20 Minutes – et les commentaires faisaient déjà rage sur les réseaux sociaux. « C’était de la folie furieuse, sourit Maëva Nourry. Je ne m’y attendais pas du tout. »

Six ans plus tard, l’initiative continue de faire parler d’elle et la mère de famille reçoit parfois des commentaires malveillants. « Je trouve cela chouette que le mot tourne, car il véhicule un beau message d’amour et de tolérance », lance Maëva Nourry. Quant aux commentaires malveillants, « on finit par ne plus les voir, parce qu’on sait en quoi on croit, en sait qui on est. »

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