Une première en France : Ali, « gouine androgyne », a été reconnu parent à la naissance de sa fille Salomé, avec son compagnon François

Jusqu’en 2016, les personnes transgenres devaient renoncer à procréer si elles voulaient changer d’état civil. Ali, homme transgenre, a été assigné femme à la naissance. Il est parvenu à échapper à la stérilisation forcée et a accouché de la petite Salomé. Chose inédite en France, il est reconnu parent à la naissance.

En 2006, Ali, maintenant âgé de 40 ans, commence à prendre des hormones. Il est alors, selon ses propres mots, une « gouine androgyne » qui se questionne. Un jour, en vacances à Montpellier, il consulte un médecin qui lui prescrit la testostérone qu’il a oubliée.

J’aime l’effet que ça fait sur mon corps et sur ma voix, comme ancrage.

Il entame alors sa transition et ce qu’il désigne comme un « parcours atypique » : il change son état civil et procède à toutes les démarches administratives pour modifier sa carte d’identité et sa carte vitale. 

Parallèlement, il rencontre François, un camarade militant. Au cours d’un dîner, ils discutent ensemble de la parentalité :

Je ne sais pas alors si, en tant que mec trans, je me sens capable de porter un enfant, parce que j’en ai la possibilité. En même temps, l’idée m’intéresse autant qu’elle me questionne : ça ne me rebute pas, mais ça me questionne surtout.

Les années passent, et l’envie d’être parent croît. Un jour, alors qu’il est dans le métro, Ali ressent quelque chose : c’est comme une hyper-sensibilité de l’odorat, une démultiplication des odeurs. Le résultat du test tombe : il est enceint. S’il attend quelque peu avant de révéler cette bonne nouvelle à ses proches, il se réjouit de la bienveillance dont il est entouré :

C’était important pour moi – quand bien même ça ne marcherait pas -, que mes proches continuent de respecter mon identité de genre ; qu’ils ne me disent pas finalement que la nature a repris ses droits. Et c’est encore quelque chose que j’appréhende aujourd’hui dans les discussions autour de la parentalité et de ma grossesse.

Le processus n’est pourtant pas de tout repos. François, le compagnon d’Ali, redoute le prisme de l’hétérosexualité qui plane sur cette grossesse.

Ça m’a plu d’être présent, de voir ce processus se faire, mais ça n’a pas toujours été simple malgré tout. Sur le plan de ma vie intérieure, je pense que j’ai vécu 9 mois de ma vie compliqués.

Ali ressent le regard particulier qui se pose sur lui et son ventre, que ce soit dans des situations administratives, dans les cours de préparation à l’accouchement, ou dans de simples interactions sociales :

Dans l’espace public, les gens se retournaient sur moi, surtout les femmes. Les femmes “captaient” que ce n’était pas une pancréatite, que je n’avais pas bu beaucoup de bières, que ce n’était pas ça.

Entre doutes, joies et incertitudes, cette grossesse est surtout un changement radical :

C’est l’une des expériences les plus folles de ma vie. J’adorais mon gros cul, mes grosses cuisses, mes grosses jambes. Tout était chouette, en fait.

France Culture

4 thoughts on “Une première en France : Ali, « gouine androgyne », a été reconnu parent à la naissance de sa fille Salomé, avec son compagnon François

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    Et après ça, les “psy” se frottent les mains…

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    Prions pour ces… créatures.
    Et surtout pour cette pauvre Salomé qui n’a rien demandé.

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    “Un jour, en vacances à Montpellier, il consulte un médecin qui lui prescrit la testostérone qu’il a oubliée.”

    Ms’sieur-Dame a encore oublié sa pilule !

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    François, le compagnon d’Ali, redoute le prisme de l’hétérosexualité qui plane sur cette grossesse.

    Même sans contact physique, en remuant les ingrédients dans une éprouvette, il y aura forcément une part d’hétérosexualité, c’est la nature, c’est comme ça.

    Remarquez… j’en ai déjà entendu causer de changer le climat…
    Faire bouger le Soleil et la Terre autrement, ce qui découle de la même folie.

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