Vannes (56) : Rassemblement en soutien à des migrants albanais menacés d’expulsion

À l’appel de deux associations, un rassemblement pour alerter sur la situation d’une famille albanaise, installée à Auray (Morbihan) depuis plus d’un an, a lieu ce mercredi 17 mars 2021, à Vannes. Le père est retenu au Centre de rétention administrative (CRA) de Rennes depuis le 10 mars 2021 et est menacé d’expulsion.

Les associations Bienvenue56 et Réseau éducation sans frontières 56 (RESF 56) organisent ce mercredi 17 mars 2021, à 10 h 30, devant la préfecture à Vannes (Morbihan), un rassemblement de soutien pour une famille albanaise dont le père est menacé d’expulsion.

Les Ramaj et leurs trois enfants ont fui l’Albanie en août 2016, expliquent les associations. Les filles aînées ont tout de suite été scolarisées, à l’école Calmette à Vannes, puis le petit frère. ​Un quatrième enfant est né il y a un mois. La famille a fait une demande d’asile qui a été refusée en 2017. Depuis un an, et après de dures mésaventures de logement à VannesRESF 56 avait déjà alerté la préfecture sur la « situation indigne » que vivaient les Ramaj, à l’hiver 2019 – la famille vit à Auray (Morbihan) où les trois enfants de 10, 9 et 3 ans, sont scolarisés.

Demande de remise en liberté rejetée

Mais le 10 mars dernier, le père de famille, qui était sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis novembre 2020, a été interpellé sur son lieu de travail, dans une entreprise alréenne. Les services de la préfecture y sont allés fort, s’indigne Me Deborah Roilette, l’avocate qui défend la famille. ​C’est allé tellement vite que nous n’avons même pas eu le temps d’identifier le service de police où il se trouvait : il était déjà parti au Centre de rétention administrative (CRA) de Rennes, où il est retenu depuis. Le pire des scénarios, c’est un retour en Albanie, précise l’avocate.

Elle a demandé une remise en liberté qui a été refusée. Il existe de nombreux recours auprès du tribunal administratif et du Juge des libertés et de la détention. Pour le moment, les audiences ne se sont pas très bien passées. Ça peut être long ​, prévient-elle. Elle fait valoir que la famille a des craintes quant à un retour en Albanie ». ​Et souligne que  les enfants étant scolarisés en France depuis plus de trois ans, les parents devraient avoir droit à un titre de séjour pour vie privée et vie familiale ».

L’école Joseph Rollo à Auray, où est inscrite la fratrie, dénonce elle aussi une décision inhumaine, qui sépare une famille composée de 4 jeunes enfants et la prive de son seul soutien matériel ». Elle appelle les parents d’élèves à se mobiliser pour essayer de contrer la décision d’expulsion».

Me Deborah Roilette dénonce par ailleurs  des situations ubuesques et une accélération de la mise en œuvre des procédures d’expulsion de la part de la préfecture depuis quelques mois. On ne sait plus où donner de la tête. Contactée, la préfecture du Morbihan n’a pas, pour le moment, répondu à nos sollicitations.

Ouest-France