Vesoul (70) : Pourtant “très habile de ses mains”, l’ivoirien Yacouba Bamba risque l’expulsion

Yacouba Bamba a 30 ans. Originaire de Côte d’Ivoire, il est arrivé à Vesoul en 2019. Depuis, il n’est pas resté inactif, se mettant au service de diverses associations locales. Mais il rêve d’avoir l’autorisation préfectorale de pouvoir travailler afin d’utiliser ses compétences en matière de menuiserie.

C’est l’une de ces personnes qui aident les autres mais ne se mettent jamais en avant. De celles qui ont appris, à travers leur parcours, à rester dans l’ombre. Et pourtant, l’engagement de Yacouba Bamba a ému ceux qui le côtoient depuis son arrivée à Vesoul. Deux femmes, dont une bénévole de l’Ahsam (accompagnement des migrants), ont incité le jeune homme à venir raconter son histoire et partager son espoir d’intégration.

Une promesse d’embauche en CDI

À 30 ans, Yacouba Bamba ne rêve que de pouvoir travailler. Le jeune homme possède des diplômes en menuiserie et s’est révélé très habile de ses mains. Un employeur local, fabricant de cuisines et de salles de bains, lui a même promis une embauche en CDI. Il le soutient et l’accompagne dans ses démarches. Il manque juste à ce jeune homme une autorisation de travail, délivrée par la préfecture, dont il a fait la demande en septembre 2020.

Malgré sa situation, Yacouba Bamba n’est jamais resté inactif et a apporté son aide à de nombreuses associations. Il a œuvré avec l’ECAU à la fresque du Jardin anglais , est présent chaque jour à la Banque alimentaire pour prêter main-forte aux bénévoles , a effectué des travaux de rénovation au sein de la maison des jeunes au Grand Grésil, a apporté son soutien à Emmaüs… « Je n’aime pas rester tout seul, à cogiter », avoue-t-il. Des lettres de soutien de ces associations et de bien d’autres attestent de son engagement en faveur des autres. Il a d’ailleurs croisé, à plusieurs occasions, la préfète de Haute-Saône mais n’a jamais osé lui glisser un mot sur sa situation personnelle.

Obligé de fuir son pays

Voilà dix ans déjà que ce jeune homme, originaire de Côte d’Ivoire, a fui son pays où la guerre civile faisait rage. « C’est dangereux pour moi d’y retourner », assure-t-il. Suite à des désaccords familiaux, il a dû quitter le Mali où il avait trouvé refuge. Au fil d’un long périple, il a traversé plusieurs pays africains. Il a vécu dehors. Seul. Puis a pris le risque d’une traversée par bateau pour rejoindre l’Europe.

La France, dont il maîtrise parfaitement la langue, lui a semblé « un point de chute idéal ». Après une escale à Paris, il est finalement arrivé à Vesoul au printemps 2019. « J’ai été accueilli par l’Ashra quand j’étais demandeur d’asile », raconte Yacouba Bamba. « Mon dossier a été rejeté le 22 février 2021 », poursuit-il. Depuis, il se trouve dans un « no man’s land administratif », privé de toute ressource.

C’est vraiment incohérent d’avoir des compétences et de ne pas pouvoir les utiliser », glisse la bénévole qui l’accompagne, en espérant que l’appel en faveur de Yacouba puisse être entendu.

L’Est Républicain