Vienne (26) : Des migrants déboutés du droit d’asile préparent leur retour au pays avec une enveloppe financière entre 300 et 1.000 euros

Le centre de préparation au retour (Cpar) de la Vienne a ouvert vendredi dernier. Vingt migrants, déboutés du droit d’asile, y préparent le plus sereinement possible leur retour inéluctable.

On entend souvent parler des centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) ou des offices français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), beaucoup moins des centres de préparation au retour (Cpar). Pourtant, ils accompagnent des milliers de personnes chaque année en France depuis leur lancement à titre expérimental en 2015.

En famille ou seuls

Dans la Vienne, à Chasseneuil-du-Poitou, un centre vient d’ouvrir pour accueillir cinquante migrants. Actuellement, vingt d’entre eux – originaires de Géorgie, du Monténégro ou du Bangladesh et sur le sol français depuis des mois – sont installés, en famille ou en solo. Éric Rose, directeur territorial de l’Ofii, indique : « Ils sont là pour 90 jours maximum. Déboutés du droit d’asile, ils arrivent à la fin du processus de toutes leurs demandes. Sans solution, on leur propose un accompagnement pour un dépôt de retour volontaire. »

Il y a Khatia, Géorgienne avec ses deux enfants, qui avait quitté son pays « à cause du racisme ». Sylvia Ngoua, assistante sociale pour une association solidaire, l’accompagne. Elle explique : « Les personnes qui acceptent de repartir sont aidées. Nous évaluons avec elles quel projet professionnel peut convenir dans leur pays d’origine. » Un homme de Côte d’Ivoire pense monter sa société de taxi. Une autre famille de Géorgie veut se lancer dans l’agriculture en cultivant des fraises.

“Que chacun puisse rentrer avec dignité dans son pays d’origine”

Les vies sont souvent cabossées et l’idée d’un retour n’est pas facile à aborder quand on avait tant espéré en fuyant. « L’objectif du centre, c’est que chacun puisse rentrer avec dignité dans leur pays d’origine, sans que cela soit perçu comme un échec et que cela se fasse dans de bonnes conditions », note Jean-Marc Jouve, directeur général d’Audacia, l’association solidaire qui porte le projet sous la délégation de la préfecture de la Vienne. « Il faut que le passage en France ait un effet positif et que ce retour reste dans une construction positive, voire dans une alternative constructive. »

Concrètement, l’hébergement dans le centre est pris en charge, mais aussi le coût du billet d’avion sur un vol régulier, ainsi que toutes les démarches de laissez-passer. C’est aussi le temps de se poser, de faire le deuil d’une vie en France. Sylvia Ngoua ajoute : « C’est aussi une aide financière non négligeable pour la rescolarisation des enfants, l’achat de meubles, l’aide à la formation professionnelle… »

Une enveloppe financière entre 300 et 1.000 euros

Selon les zones géographiques de retour, l’enveloppe peut aller « de 300 € jusqu’à 1.000 € ». Cette préparation au retour est précédée d’un entretien individuel. Pas toujours facile pour que chacun comprenne bien les tenants et aboutissants, faute de parler la même langue.

Le directeur territorial de l’Ofii indique que « les personnes en fin de parcours de droit d’asile représentent 10 % des migrants ». Pourquoi n’accèdent-elles pas au statut de réfugié ? « Parce que leur pays n’est pas en guerre ou que les demandes ne cadrent pas avec la convention de Genève. » Seuls les ressortissants venant d’Afghanistan sont actuellement sous protection subsidiaire pour quatre années renouvelables.

La Nouvelle République