Washington accuse Pékin d’attiser la colère antiraciste aux États-Unis

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Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a accusé mercredi 23 septembre la Chine de tenter de «fomenter» des mouvements de colère aux États-Unis à travers sa critique du racisme.

Le Parti communiste chinois «pense pouvoir étouffer les voix américaines qui lui réclament de rendre des comptes en criant plus fort pour dénoncer le racisme», a-t-il lancé lors d’une intervention inhabituelle pour un secrétaire d’État devant les parlementaires républicains du Wisconsin, un État très disputé en vue de la présidentielle de novembre. «Il veut fomenter des troubles comme ceux qu’on a vu à Minneapolis, à Portland ou ici, à Kenosha», a-t-il ajouté au Capitole de cet État. «C’est révoltant. Nous ne pouvons pas laisser faire», a-t-il martelé.

Les États-Unis sont confrontés à une vague de colère sans précédent contre le racisme et les brutalités policières depuis qu’un Afro-Américain, George Floyd, est mort étouffé sous le genou d’un policier blanc en mai à Minneapolis, dans l’État du Minnesota. Le mouvement émaillé parfois de violences entre manifestants et forces de l’ordre a été particulièrement suivi à Portland, dans l’Oregon, où le président Donald Trump dénonce des «agitateurs anarchistes». Il a été relancé fin août lorsque Jacob Blake, un jeune homme noir, a été grièvement blessé par un policier blanc à Kenosha, dans le Wisconsin.

Mike Pompeo, faucon anti-Chine

Mike Pompeo, un des principaux faucons anti-Chine du gouvernement Trump, a cité une lettre d’un diplomate chinois à un élu du Wisconsin pour appuyer ses accusations. Cette lettre évoquait «l’opposition ferme» de Pékin «à la discrimination raciale et à la xénophobie» contre la communauté chinoise au sujet du coronavirus. «La colère justifiée de l’Amérique contre le Parti communiste chinois pour sa gestion du coronavirus n’a rien à voir avec des questions raciales mais a tout à voir avec les morts, les enfants privés d’école et les emplois perdus», a-t-il insisté.

Le président Trump et son secrétaire d’État ont accusé depuis le printemps la Chine d’avoir menti initialement sur la gravité du Covid-19 et d’avoir donc permis la propagation de l’épidémie. Ils évoquent régulièrement le «virus chinois», une formule qui suscite l’ire de Pékin mais qui a été aussi dénoncée comme stigmatisante par de nombreux Américains d’origine asiatique.

Le Figaro